novembre 22, 2013

Après l’effort… le réconfort !

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S’il vous plaît de découvrir la splendeur des lacs de Nouvelle-Zélande, rien de tel que de prendre un petit peu de hauteur pour en contempler les étendues. Partant de ce constat, nous nous sommes lancés à l’assaut du Mount Isthmus, colline à l’aspect débonnaire qui sépare les lacs Wanaka et Hawea. Mais l’habit de verdure et de prairies moutonnantes dont se pare le Mount Isthmus ne fait définitivement pas le moine.

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Pour votre gouverne géographique, le lac Hawea étend ses eaux bleues 348 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le Mont Isthmus, lui, fait pousser ses dernières touffes d’herbe à 1386 mètres d’altitude. Nous sommes donc partis pour un bon 1000m de dénivelé sous ce que certains esprits chagrins pourraient facilement qualifier de cagnard, mais, dans un esprit de tourisme positif, nous nous contenterons dans un premier temps de nous réjouir de ce soleil radieux.

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Pour les fidèles lecteurs de ce blog, je qualifierais les lacets du chemin qui monte au sommet de « semi-brésiliens ». Après une petite demi-heure de balade facile, nous attaquons les pentes principales, et le chemin prend alors une pente à faire pâlir le gosier du capitaine Haddock. Non content de nous faire suer sang et eau, le bougre s’échine à ne se révéler que par bribes propices au découragement. Alors que, le sommet d’une portion atteint et ne voyant pas la suivante, nous pensons fort logiquement que la pente va s’adoucir, il n’en est rien. Seuls de petits ressauts autorisent la pente presque linéaire à se soustraire à nos regards embués de sueur. Le cuistre va jusqu’à nous proposer une bavante finale donnant accès à un petit col auquel il nous faut, comble du vice, descendre par une pente abrupte avant de pouvoir reprendre l’ascension vers le sommet proprement dit.

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Là, les forces de Jo l’abandonnent. Ses quadriceps rendent les armes et nous décidons que la vue d’ici est déjà vraiment pas mal. Nous savourons une pomme, puis le snickers qui devait être celui du sommet. C’est là que le miracle de la glycémie se produit et, armés de nouvelles forces, nous décidons de ne pas nous laisser défaire par une vulgaire colline herbeuse. Vingt minutes plus tard, nous foulons, ravis, la croupe sommitale. Malheureusement, la descente s’opérant par le même chemin que la montée, celle-ci sera un long calvaire pour muscles endoloris ponctué de quelques jurons sonores sur les pentes finales.

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Au final, nous avons profité d’un temps splendide et de vues magnifiques, mais nous pouvons sans honte marquer notre accord plein et entier avec le qualificatif proposé pour la balade sur le prospectus de l’office du tourisme : Hard.

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Là-dessus, on s’est offert un super resto en terrasse avec vue sur le lac, super pièce de bidoche et dessert de la mort ! Après l’effort…

Le lendemain, courbaturés comme après le tournoi de ping-pong de l’hospice, nous décidons de tenter une autre approche pour contempler les paysages depuis les hauteurs : le parapente ! Ni Jo ni moi n’avons jamais volé avec autre chose que des avions de ligne, et voilà l’occasion rêvée de jouer les fils d’Icare avec vue sur les montagnes.

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Nous avons rendez-vous au pied des pentes du Treble Cone Ski Area avec Richard, Rob et Nick pour un vol en tandem. Je vole avec Rob, et part le premier avec Rob. Il est hollandais, parle français et est plutôt du genre efficace. « Je t’accroche ce mousqueton ici, et cet autre là » - « Quand je le dirai, tu vas courir dans la pente. Ça va résister, tu continues à pousser et à courir jusqu’à ce qu’on décolle ». « OK ? ». « OK ». « GO ! »

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Et c’est parti, nous profitons d’une brise de face tout à fait parfaite, et en trois ou quatre pas, nous sommes en l’air. Wouhououououououou !

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Au départ, il y a simplement l’émerveillement d’être là, suspendu en l’air à regarder la montagne s’éloigner entre mes genoux. Nous faisons quelques tours lents pour saluer Jo et les autres, qui entament leur préparation sur l’aire de décollage, puis nous longeons les pentes abruptes vers les chutes d’eau qui s’en déversent. Là, c’est carrément le panard. Les crêtes se révèlent par le haut, puis nous en survolons la base. Il fait splendide et les rochers créent des courants thermiques qui nous ramènent en haut. On passe alors de la magie du vol calme aux sensations fortes. En toute logique, pour bien profiter du courant ascendant, il faut rester dedans. Et comme ce sont les rochers chauffés par le soleil qui font monter la masse d’air, il faut décrire de petits cercles concentriques au ras de la paroi. Et ça, ça fait des guilis tout partout dans le bidou. En fait, on attend Jo qui depuis, s’est élancée avec Richard. Ils viennent nous rejoindre et nous volons brièvement de concert avant que Rob ne mette le cap sur la petite zone herbeuse jouxtant le parking pour un atterrissage sur le cul tout en douceur.

Malheureusement, Jo se pose en même temps que nous, et Richard ne lui permet pas de profiter elle aussi des courants thermiques pour s’offrir un petit tour de manège supplémentaire. Ça restera la seule ombre au tableau sur cette expérience grandiose. Ça donne vraiment envie de s’acheter un bout de nylon et d’aller se jeter dans le vide !

Après la contemplation par le haut, nous avons encore été nous jeter une ou deux fois dans les eaux cristallines (mais un peu fraîches) du lac avant de décréter que nous avions bien profité des largesses de la région et que nous pouvions lever le camp. Direction la côte ouest.

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D’après les dires des quelques explorateurs croisés sur notre route, la côte ouest est l’empire véritable. La forteresse inexpugnable du dieu Sandfly. C’est donc avec une extrême circonspection que nous l’abordons, armés de notre nouveau répulsif réputé miraculeux. On a un peu peur que notre peau fonde à son contact, mais tout compte fait, il est préférable de mourir dans un bain d’acide que de finir écorché vif sous ses propres ongles. 

Wanaka – Haast – Dodo plein de sandflies – Fox Glacier – Franz-Jozef Glacier – Hokitika – Arthur’s Pass – Castle Hill Village – Springfield – Christchurch. 26h après être partis de Lake Wanaka, nous avons avalé du bitume comme jamais et sommes de retour sur notre côte est chérie avec l’intime conviction que la côte ouest, c’est encore pire que ce qu’on pensait.

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Un bel endroit croisé en fin de journée juste après Haast...

En arrivant à Haast, nous pensons découvrir la mer, mais c’est une somptueuse cathédrale de verdure qui nous accueille. La route longe la côte dans une forêt inextricable entrecoupée de mangroves aux eaux saumâtres et croupies qui semblent abriter tous les suceurs de sang de la création. Ce n'est vraiment pas dénué de beauté, mais ce n'est vraiment pas très agréable...

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Sur des centaines de kilomètres, nous arpentons cette forêt entrecoupée de vilains bouts de campagne hâtivement défrichée où paissent quelques vaches. Quand la mer se dévoile, elle ne révèle que mieux son austérité. Des forêts entières semblent avoir traversé tous les océans du globe pour venir s’échouer sur ces longues plages battues par la houle et le vent. Il y a là du bois flotté pour tailler des couronnes à mille dynasties.

Pour ajouter au tableau, il ne fait franchement pas très beau de ce côté-ci de la Nouvelle-Zélande dès le lendemain, et nos essuie-glaces nous ramènent aux heures sombres de la fin de l’île du nord.

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Le jugement est bien entendu hâtif, partial, plein de mauvaise foi et de haine pour les insectes piquants. Ceci dit, nous laissons avec plaisir la description détaillée de cette partie du pays à d’autres voyageurs plus résistants que nous aux vicissitudes de la crise d’urticaire.

Nous recroisons le pays d’ouest en est via l’Arthur’s Pass, puis une longue et splendide succession de grandes vallées vierges aux lumières superbes et aux espaces immenses. Le coin donne envie de prendre une tente et un sac à dos pour aller se perdre très loin, mais nous ne sommes pas trop d’humeur d’ermite, et la baie d’Akaroa nous attend. Mais ça… c’est une autre histoire.

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Pause... photo !

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Castle Hill Rocks

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Trop de pollution lumineuse par ici...

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novembre 17, 2013

J’ai vu une grôsse bête…

 

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Kaikoura, en plus d’être la mecque de la langouste, et le paradis du phoque alangui, est un endroit bien particulier d’un point de vue tectonique. En effet, à quelques kilomètres à peine des côtes, le fond de la baignoire plonge subitement dans un canyon sous-marin subtilement nommé Kaikoura Canyon. Les monstres marins y pullulent donc allègrement, et comme tout bon touristes, nous avons embarqué sur un promène-couillons pour aller les observer.

À 7h45 (oui oui, du matin…), nous sommes donc à pied d’œuvre, prêts à embarquer sur un catamaran de course développant 12 millions de chevaux au bas mot, parés pour la chasse au cachalot. Une sympathique petite houle remue les eaux bleues et c’est dans d’authentiques fauteuils de cinéma que nous profitons du trajet vers les eaux profondes. Jusqu’ici, tout va bien.

C’est une fois sur place que les choses se corsent. On s’arrête, le capitaine sort son hydrophone et écoute les « clicks » qu’émettent les cétacés lorsqu’ils font usage de leur capacité d’écholocation, et pendant ce temps, les touristes s’accrochent au bastingage alors que le bateau est secoué par les vagues. Les sacs en papier fleurissent un peu partout et de charmants gargouillis accompagnent le processus. Pour être bien sûr que tout le monde soit malade, l’opération est répétée deux ou trois fois avant que nous parvenions à localiser la bête !

J’y croyais pas vraiment en montant à bord (surtout que, de l’aveu de l’organisation, les expéditions des sept  précédents jours avaient fait chou blanc), mais oui, nous avons vu un cachalot. Et de très près encore ! Big Nick – c’est son nom – paressait à la surface en émettant de temps en temps de puissantes et sonores respirations, accompagnées comme il se doit de leur geyser d’embruns. 

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Non... C'est pas ça...

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Après quelques rafales de photos, je décolle l’œil de mon appareil pour analyser ce qui se passe à ma gauche et qui m’intrigue. Une jeune femme un peu grassouillette et sanglée dans un anorak rose fluo tente désespérément de combiner trois opérations complexes en même temps. Une main tient l’appareil photo tandis que l’autre est tiraillée entre ses deux fonctions totalement antinomiques. D’une part, il lui faut maintenir l’équilibre général en agrippant fermement la barre en inox qui assure la survie du reste du corps, mais il faut tout à la fois conserver quelques doigts agiles pour maintenir ouvert le sac à vomi dans lequel elle dégobille avec entrain entre deux prises de vues. Vite reconcentré sur l’objet de la sortie en mer, je n’ai pas pu suivre la suite de la scène, mais n’ayant entendu aucune récrimination de la part des passagers sous le vent, je pense que ça s’est relativement bien passé.

Après une dizaine de minutes à se laisser observer gentiment, Big Nick repart en chasse et nous gratifie d’un petit soulèvement de nageoire caudale du plus bel effet.

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Personnellement, je suis partagé entre la déception et le soulagement. D’un côté, c’est tout de même assez exceptionnel de pouvoir observer de près un animal aussi gros et aussi rare (ils sont autant que les luxembourgeois, mais répartis dans à peu près tous les océans du globe…) et on aimerait donc que ça dure le plus longtemps possible. Mais d’un autre côté, alors que je me gausse des mésaventures vomitives des quidams qui m’entourent, j’ai moi-même les dents du fond qui baignent et c’est un soulagement de récupérer le rythme de la houle procuré par l’avancement du bateau. Note pour plus tard : ne pas s’offrir une journée de pêche en mer sur un bateau à l’arrêt ! Ceci dit, c'était une très belle expérience et on en a ramené de chouettes souvenirs et de chouettes photos

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De retour sur la terre ferme, nous nous octroyons une petite pause afin de remettre tous nos organes à la bonne place, puis mettons le cap sur Lake Tekapo.

Kaikoura restera parmi les très bons souvenirs de ce voyage. Coincée entre les montagnes enneigées du Kaikoura Range et le bleu turquoise des eaux du pacifique, cette petite ville nous a offert deux belles balades dans de superbes paysages, des phoques en veux-tu en voilà, un camping en bord de mer (pour la douche, l’électricité et le wi-fi) et deux nuits de « free-camping » seuls sur un petit promontoire avec vue sur l’océan et lumière du soir idéale pour notre shooting photo spécial mariage.

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Oui, il y a aussi des phoques moins cool... 

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En route donc pour le lac Tekapo, nettement plus au sud et à l’intérieur des terres. Nous arrivons en fin de journée après un bout de voyage relativement inintéressant. Sauf un truc très bizarre : on a vu un kangourou.  En optant pour la Nouvelle-Zélande plutôt que pour l'Australie, on avait un peu fait une croix sur l'idée d'en voir, mais quelle ne fût pas notre surprise d'en croiser un comme ça, paf, sur le bord de la route. Évidemment, on s'est arrêté, mais il n'a pas bougé. Le gaillard avait pas l'air franchement dans son assiette et il avait un peu des yeux de zombie... La rencontre en fût même un peu triste, puisque nous sommes partis avec la conviction qu'il ne faudrait pas longtemps à un quelconque véhicule pour le mettre en 2D sur l'asphalte. Triste Darwin...

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Comme annoncé, le lac Tekapo est d’une couleur exceptionnelle. Les sommets enneigés à l’arrière-plan ajoutent encore à l’effet  carte postale. Pas mal du tout…

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On approche...

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Le lendemain, nous nous lançons à l’assaut du Mount John, qui n’a de « mont » que le nom, puisqu’il s’agit de la colline jouxtant le lac et abritant également l’observatoire astronomique de l’université de Christchurch. C’est une magnifique balade de 3h (bouclée en deux… on n’a pas compris) avec des vues imprenables sur les eaux vert-turquoise et un peu laiteuses du lac et des rencontres cocasses avec des moutons tout pelés.

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Nous prenons ensuite la direction du Lake Alexandria tout proche, où on nous a annoncé la présence d’un camping « gratuit ». En fait, c’est une « wildlife reserve », et il y a le choix entre le camping à 20$ ou le camping gratuit n’importe où ailleurs. La subtilité réside dans le fait que pour camper n’importe où, il faut être « fully self-contained », c’est-à-dire avoir un campervan disposant d’un réservoir d’eaux usées et d’une toilette. Ça tombe bien, Raoul est propre ! Pour être tout à fait honnête, on n’a encore jamais utilisé la toilette chimique, qui prend la poussière dans un coffre sous notre matelas. Ça a l’air un peu dégueu, et comme le pays est jonché de crottes de mouton, on prend l’option du caca nature là où aucune toilette n’est disponible. L’essuie-glace arrière de Raoul s’orne alors d’un charmant sac plastique injustement nommé « sakakaka » alors qu’il ne contient que le papier de toilette. Le blogueur en voyage se doit d’être précis sur son mode de vie… (mais pas nécessairement en images).

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Petit plus qui n’a strictement rien à voir : le lac Tekapo est situé dans la « Mount Cook Dark Sky Reserve ». L’éclairage public y est donc réduit au strict minimum pour de splendides nuits étoilées. Malheureusement, la lune est pratiquement pleine pour l’instant, et l’observation de la voie lactée est donc réservée aux vrais astronomes qui se relèvent après son coucher. Comme celui-ci doit se produire vers 3-4h du matin, je prends l’option « reflets sur le lac et paysages nocturnes surexposés… Ce sera peut-être pour une prochaine fois.

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Au moment d’écrire ces lignes, nous avons continué notre route vers le lac Wanaka, autre splendeur de l’intérieur de l’île du sud. Mais le récit de nos aventures ici sera pour un prochain post !

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Á tout bientôt et comme toujours, si vous êtes arrivés jusqu’au bout de cet article, ça nous fera énormément plaisir que vous laissiez un petit commentaire qui nous donnera l’impression d’être lus et nous reconnectera avec nos amis du vieux continent, qui nous manquent parfois, même si c’est le pied d’écrire à l’ombre bienfaitrice d’un arbre de race inconnue…

novembre 12, 2013

Abel Tasman où le paradis perdu

Reprenons là où nous nous étions arrêtés. À la dérive sur les pentes rugueuses et humides de la banlieue de Wellington, nous courbions l’échine sur un ciel si bas que tous les palmipèdes du monde auraient bien pu choisir la corde.

Le lendemain, après un détour par le très fameux et très beau musée « Te Papa » (le musée national) suffisant pour nous re-convaincre que les musées, c’est pas franchement notre trucs, nous étions prêts pour le ferry. Lui, par contre, n’était pas totalement prêt pour nous. Deux bonnes heures de retard nous foutent un peu en rogne, parce qu’on arrivera presque à la nuit tombante à Picton, et que ça n’arrange pas nos bidons.

Il fait gris, frais, nuageux et venteux, dans les Marlborough Sounds, alors que nous approchons de notre destination, le temps maussade n’empêche pas les dauphins de venir jouer près du bateau. Ça saute, ça plonge, ça passe en dessous du bateau… on en reste agrippés au bastingage dans le vent et les embruns.

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 Il règne une ambiance qui correspond assez bien à l’idée que je me fais des lochs écosssais par une froide soirée de novembre.

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Évidemment, c’est aussi par les temps les plus « extrêmes » que naissent les lumières les plus magiques. Presque mystiques. Notre bateau devait charrier qu’athées, païens et autres mécréants, car j’ose espérer que tout croyant qui se respecte se serait empressé de sauter par-dessus bord pour aller accueillir le messie dès son arrivée. Or tout le monde est resté sagement dans le bateau.

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De l’autre côté du détroit, il n’y a pas plus de bonne nouvelle que de messie. Il fait aussi gris qu’à Wellington, et il n’y a toujours qu’à lever le doigt pour toucher les nuages. Malgré l’heure tardive, nous fonçons donc sur Nelson dans l’espoir un peu fou de trouver un coin de ciel dégagé. Nous finissons dans un coin de champ entre Nelson et Motueka, anéantis par la fatigue. Heureusement, le lendemain est un jour de grand bleu et nous entamons la découverte des merveilles de la côte par un divin pique-nique poulet rôti, seuls sur la plage de Little Kaiteriteri. On a vu plus moche !

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Ensuite, direction Totaranui via Takaka par une route aussi belle que sinueuse. Totaranui, ça vous donne tout de même un belle impression d’être au bout du monde. La route se termine par 12 km de piste en gravier à travers la jungle et aboutit dans une baie paradisiaque où nous avons décidé de passer la journée du lendemain avant d’entamer l’Abel Tasman Coast Track qui doit nous ramener Marahau, où nous avons prévu de prendre un bateau taxi pour rejoindre Raoul.

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Sauf que.

Sauf qu’il y a des Sandflies. La mouche des sables est un insecte dont la taille ridicule ne laisse en rien présager la capacité de nuisance. Nous en avions déjà croisé quelques-unes à Bay of Islands, où nous avions expérimenté leur pouvoir urticant et immédiatement décidé d’investir dans un baume apaisant et un stick répulsif. Mais à Totaranui, on joue dans une toute autre catégorie. La dense forêt qui surplombe la baie semble abriter la base arrière d’où elles planifient des raids massifs, et pour la journée de détente sur la plage, le temps à nouveau maussade est leur meilleur allié. Résultat : on est juste très impatients de quitter l’endroit, et nous finissons la journée cloîtrés dans le campervan. Une fois toutes les portes fermées, nous sommes contraints autant que ravis de nous livrer à un génocide sur l’importante population restée à l’intérieur de notre bunker. Nous nous endormons les doigts noirs de leurs cadavres répugnants, ravis de nous mettre en marche dès l’aube du lendemain.

Nous entamons la marche dès 7h, ployant sous la charge de nos sacs et parés pour 4 jours courtes étapes de 4-5h de marche. Les paysages sont à couper le souffle et nous alternons les passages en forêt avec les descentes sur les plages au sable jaune-orangé baignées d’une eau turquoise du plus bel effet.

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Nous marchons d’un bon pas et sans trop de pauses car le parcours du jour comporte deux passages uniquement franchissables à marée basse. À Awaroa d’abord, où nous franchissons le large estuaire les pieds (presque) au sec. L’occasion de faire quelques photos rigolotes…

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Arrivés au « campsite » d’Onetahuti Bay, nous ne pouvons une fois de plus que constater la magnificence du site. Encadrée par des rochers auxquels les assauts de la mer ont donné des galbes superbes, une plage en arc parfait s’étend sur quelques centaines de mètres. Au centre de la baie, Tonga Island ajoute encore un peu au décor de carte postale.

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Sauf que.

Sauf qu’il y a des Sandflies. La mouche des sables est au moustique ce que le vérin hydraulique est à la seringue. Ces innommables bestioles ne sont pas plus dotées du sens de l’économie (en venin) que d’un quelconque instinct de conservation. Elles sont en effet ridiculement faciles à tuer.  Mais la vengeance n’est qu’une bien maigre consolation quand on sait le nombre de ces kamikazes de l’injection. On a beau être vigilant, pour 15 soldats sacrifiés, il y en a toujours bien un qui parvient à vous planter sa baïonnette dans les entrailles. De plus, alors qu’une piqûre de moustique correctement gérée (comprenez « qui n’a pas été grattée) vous dérange pour quelques heures, la piqûre de sandfly vous donne envie de vous étriller vigoureusement avec la rappe à parmesan pendant 48h au moins. 

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Il est donc indispensable d’adopter une stratégie prophylactique plus large et de prendre les mesures qui s’imposent : couvertures de toutes les zones pouvant être protégées sans entraver les capacités respiratoires de l’individu, abondantes applications de répulsif et surtout, mouvement perpétuel.

C’est ainsi qu’on se retrouve à faire les cent pas harnaché de pied en cap sur une plage paradisiaque, par une belle température estivale. Chaussures, chaussettes, pantalon (rentré dans les chaussettes), T-shirt à manches longues, et col relevé. Bien évidemment, ce n’est pas suffisant, puisque vous aurez noté que nous n’avons pas emporté de gants (sombres idiots que nous sommes), et que nos paluches veineuses et dodues sont donc des cibles de choix.

Vers 7h du soir, après un triste repas passé à se taper sur les mains, nous nous réfugions dans la tente, seul lieu clos où nous sommes à l’abri du harcèlement continu. C’est alors que la vérité s’impose à nous comme une révélation : Putain, qu’est-ce qu’on se fait chier !

En fait, on est juste extraordinairement frustrés. Le paradis est là, à portée de rétine, mais ces maudits insectes rendent impossible l’état de béatitude contemplative qu’il faut pour se l’approprier pleinement. Comme, de l’avis des nombreux randonneurs croisés au camp pendant l’après-midi, la situation entomologique ne s’améliore absolument pas dans la suite du parcours, nous optons pour la seule solution acceptable à nos yeux : la fuite. Par chance, la baie où nous avons campé est l’une de celles où la « Sea Shuttle » fait arrêt, et dès 10h30 le lendemain, nous embarquons en direction de Totaranui. Le temps est à nouveau très couvert et nous partons donc le cœur plus ou moins léger vers d’autres cieux. Certes, nous avons pu contempler de splendides paysages et la balade était vraiment belle, mais quand on pense qu’on aurait dû randonner 4 jours de plages paradisiaques en forêts luxuriantes, les sandflies nous restent tout de même un peu en travers de la gorge. Qui plus est, nous nous sommes rendus tant au bureau du DOC (Departement of Conservation) de Wellington qu’au syndicat d’initiative de Motueka (où nous avons réservé les nuits sur les emplacements de camping le long du parcours), et alors que nous demandions mille renseignements sur les diverses possibilités de parcours, les marées, les horaires, les temps de marche et le reste, personne n’a même mentionné le fait qu’il y aurait probablement des mouches des sables. Sacrés vendeurs de camelotte… 

Dans un hurlement de moteur accompagné d’un burn-out qui restera dans les annales de Totaranui (bon… soit, c’était du gravier, mais quand même), nous arrachons Raoul à l’enfer. Dans notre fuite, nous venons au secours de Matthieu, un français qui passe quelques mois en Nouvelle-Zélande entre petits boulots et bourlingue sac au dos. Lui aussi a bouffé de la sandfly sur le parcours, et il est bien heureux qu’on le ramène à Takaka et à la civilisation. C’est notre journée autostoppeurs, puisque sur le retour vers Motueka, nous embarquons une tchèque qui semble en cours de tour du monde, et qui vient de la côte est. Elle voyage en stop et camping, et elle nous confie avoir évité la côte ouest à cause de son temps pour le moins capricieux, et nous apprend que la route vers Kaikoura sur la côte est est vraiment magnifique. Nous abandonnons donc notre idée de faire le détour par Punakaiki et mettons directement le cap vers Blenheim, puis Kaikoura. Avec raison, car même s’il fait frais et venteux, les vues sont à couper le souffle, il y a des colonies de phoques, la mer est superbe et il fait lumineux.

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Nous avons donc retrouvé le grand sourire et été fêter ça avec une langouste (où un truc qui y ressemble… ici ça s’appelle Crayfish – soit écrevisse en anglais – mais il semble que ce soit une appellation commune pour les langoustes d’ici). En tous cas, c’était vachement bon, et dégusté en plein air, à quelques pas de l’océan ! Que demande le peuple ?

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Là-dessus, nous avons trouvé un camping assez chouette pour recharger l’ordi, trouver du net (un peu plus longtemps que dans un cyber-café) et vous conter nos aventures. C’était un assez bel endroit pour écrire…

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Et quelques photos pour le plaisir... 

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novembre 11, 2013

Huka falls & Rotorua…

The plan is… no plan. Telle est notre devise, et jusque-là, nous nous y étions conformés avec une belle assiduité. Non que nous ne prévoyions rien de ce que nous allons faire, mais que nous nous autorisons à tout moment un changement de cap impromptu.

Au sortir de notre merveilleuse journée à la rencontre des dauphins dans Bay of Islands, nous nous sommes offert un petit passage par les sources chaudes de Ngawha, pensant pouvoir en profiter pour prendre une bonne douche et en sortir régénérés. Pensez-vous !

Les sources étaient bien chaudes et les bains fort relaxants, mais en sortant de là, nous sentions le souffre pire que bonne de curé. Raoul empestait l’œuf pourri, et ça a quelque peu modéré nos ardeurs en matière de découvertes géothermiques. La prochaine étape devait être Rotorua, « geothermal wonderland », et sur un coup de tête, nous avons décidé que nous étions assez puants comme ça, et qu’il valait vraiment mieux aller directement au lac Taupo se relaxer un peu.

Au programme du lendemain, une belle balade le long de la rivière jusqu’aux Huka falls, vibrant ôde à Bernouilli ou à Venturi (je les confonds toujours un peu ces deux-là). Coincée dans un étroit passage de roches volcaniques dures, la rivière n’a d’autre choix que de se concentrer en un tumultueux courant débouchant sur une petite chute abordée plein tube. Le tout concernant une eau d’une clarté cristalline, ça donne un résultat très bleu et très beau.

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Le soir venu, alors que nous savourions un petit vin blanc (après une bonne douche) dans la douceur du soleil du soir, nous n’avons évidemment pas pu nous empêcher de fourrer notre nez une énième fois dans le lonely planet, pour en conclure que passer à 50km de Rotorua sans aller y jeter un coup d’œil, c’était pas « no plan », c’était « no brain ». Le lendemain, nous nous réveillons sous la pluie et partons à l’assaut de Rotorua la puante !

En réalité, ce n’est pas à Rotorua que nous allons, mais à Wai-O-Tapu. Quand on parle de « Rotorua », c’est en fait toute la région qui bouillonne d’activité géothermale. Il y a donc de nombreux « parcs » proposant divers cratères, piscines bouillonnantes et autres geysers. Wai-O-Tapu étant le plus prometteur (et le plus visité), c’est là que nous avons enfilé nos vestes sous un vilain crachin venteux pour aller admirer les œuvres du diable. Première constatation : ça pue tout de même moins qu’à Ngawha. Ou du moins ça ne pue pas constamment.

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Comme on est hors saison et qu’il fait pas franchement superbe, c’est vraiment pas la cohue sur les sentiers et nous avons tout le temps d’admirer nous déboîter les cervicales pour tenter d’apercevoir le fond  bloubloutant de chacun des cratères. Jolie balade un peu plombée par une lumière maussade jusqu’à ce que nous en arrivions au clou du spectacle : la « Champagne Pool », ainsi nommée pour sa production constante de bulles très fines.

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Là, le soleil mène un combat homérique avec les nuages et s’impose pour quelques minutes divines. Le contour rouille écarlate de la piscine resplendit et forme un contraste splendide avec les nuages noirs qui courbent l’échine devant l’astre solaire. Le tout est agrémenté d’une vapeur qui danse dans le vent tourbillonnant… du plus bel effet.

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Mais la lutte est inégale, les nuages sont trop nombreux et la fenêtre se referme aussi vite qu’elle s’était ouverte. On est repartis pour des épisodes nuageux, faibles répits entre deux crachins. Il est temps de mettre les voiles et d’aller voir du côté de Turangi si la météo est plus clémente.

Eh ben non.

Arrivés dans l’après-midi sous la pluie, nous allons directement voir au « i-site » (le syndicat d’initiative made in NZ) s’il sera possible de faire le Tongariro Alpine Crossing deux jours plus tard. Les bulletins météo spécifiques du parc ne sont franchement pas très engageants, et il nous faudra revenir demain matin pour voir si on peut encore espérer. Soirée pluvieuse, nuit pluvieuse, matinée pluvieuse… Pfff

Le lendemain, nous croisons une paire de français au i-Site, qui nous racontent leur calvaire de la veille à l’Alpine Crossing. 6h de marche sous la pluie et dans les nuages. 6h à affronter un vent à décorner les bœufs pour finalement ne voir que du gris, du gris et encore du gris. Comme le bulletin météo annonce la même chose pour les trois prochains jours, nous décidons de ne pas perdre plus de temps et de mettre les essuie-glace à plein régime. Direction Wellington, Picton et l’île du sud où, paraît-il, il fait beau.

J’écris ces lignes dans le ferry qui nous mène d’un côté à l’autre du détroit de Cook, et si les nuages sont encore en assez écrasante majorité, il semble en effet que nous allions à nouveau vers la lumière !

Plus de nouvelles dans quelques jours (4-5) probablement, à notre retour de l’Abel Tasman Coast Track… Après-demain, nous entamons 4 jours de randonnée en autonomie sur les rivages paradisiaques du parc national Abel Tasman ! Youhouhouoououuoou

 

novembre 07, 2013

Raoul…

Voici déjà une semaine que nous avons pris pied sur l’île du grand nuage blanc, et il est grand temps que nous vous présentions Raoul, notre campervan ! 

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Pour les données techniques, c’est un Toyota Hiace SBV de 2003 avec 328 000 kilomètres au compteur, avec un gros moteur essence poussif et glouton (même en roulant comme des hollandais partant à l’assaut du Galibier, pas moyen de descendre sous les 10l aux 100 km… ). Mais au-delà de ces considérations mesquines, Raoul, c’est notre maison à nous. C’est que la bête est un véritable palais sur roues, avec taques de cuisson au gaz, évier – eau chaude et eau froide, s’il vous plaît – lit deux personnes, micro-ondes, frigo, éclairage intérieur et, comble du luxe, presque deux mètres sous plafond. Du coup, on tient debout dedans.

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Depuis ma plus tendre enfance, j’ai conçu un certain mépris pour le motorhome, mobilhome, camping-car… appelez-le comme vous voulez. Je n’avais pas la moindre estime pour ces innommables frigo-box ambulants promenant leurs grabataires en quête de fausse évasion. Avec l’antenne parabolique comme ultime cordon ombilical les reliant au 13h de Jean-Pierre Pernaud et aux jeux télévisés de l’après-midi. D’abord, Raoul n’a pas d’antenne parabolique, et ensuite, je n’avais encore jamais essayé l’itinérance avec ce type de véhicule. Et il n’y a pas à dire, c’est le top ! À peine arrivés à destination, notre tente est montée, la cuisine est prête à l’emploi, nos affaires sont disponibles, et il n’y a qu’à se ruer à l’arrière pour passer du mode « en mouvement » au mode « à l’arrêt ». C’est totalement idéal pour le type de voyage que nous avons entrepris.

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Au-delà du confort bassement matériel, Raoul nous offre surtout une véritable sensation de « cocon ». Ces deux derniers jours, le temps n’a pas été particulièrement clément, et vu les prévisions météo pour les quatre jours suivants, nous avons été contraints de renoncer au Tongariro Alpine Crossing, qui est pourtant – semble-t-il – une rando absolument somptueuse, des forêts de bush primaires aux étendues volcaniques du parc national du même nom. Après les quelques éclaircies qui ont sauvé notre visite des sites géothermiques de Rotorua, nous nous sommes donc retrouvés sur la route vers Turangi, les essuie-glaces s’acharnant à nous frayer un chemin dans une vilaine bruine à la constance toute belge. Et pourtant, dès le moteur éteint, nous avons pu profiter d’une séance « lecture sous la couette » tout à fait soyeuse*

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En un mot comme en cent : Il est cool, Raoul !

Au moment d’écrire ces lignes, nous sommes aux portes de Wellington, parés pour une visite – malheureusement éclair vu les horaires du ferry – du grand musée Te Papa sur les trésors de la Nouvelle-Zélande, puis pour la traversée du détroit de Cook. Nous voici aux portes de l’île du sud, qui nous promet une météo nettement plus clémente pour arpenter le très prometteur Abel Tasman National Park. Au programme : une randonnée en autonomie de 3 à 5 jours (dépendant de nos envies de baignades et de farniente) et sans doute aussi du kayak dans les eaux turquoises qui baignent ces lieux enchanteurs !

Vivement demain, et à plus tard pour un récit (espérons-le) palpitant. Mais avant ça, vous aurez-droit à notre petit détour par le lac Taupo et Rotorua... Oui, je sais, c'est pas dans l'ordre !

 *Petit clin d'oeil à John, que je remerci pour "L'élegance du Hérisson", qui - en effet - est un magnifique bouquin. Il y avait longtemps que je n'avais pas savouré un tel morceau d'écriture. Juste pour la jouissance de la langue. Merci !

novembre 04, 2013

À la poursuite des dauphins taquins...

Chose promise, chose due : nous avons été nager avec (lire “derrière”) les dauphins ! Embarquement à 9h30 sur un magnifique catamaran de 50 pieds pour une journée de navigation dans la Bay of Islands. Premier constat : par ici, on ne fait pas dans le boat people : en plus de la capitaine, du marin et d’un chercheur français, nous sommes à peine 11 sur cet énorme voilier. Ouf ! Ceci dit, on nous annonce d’entrée de jeu que les dauphins se sont volatilisés ces deux derniers jours, et qu’ils espèrent vraiment qu’ils seront revenus dans la baie aujourd’hui. Bon, en même temps, même sans les dauphins, il y a pire à faire que d’aller s’offrir une journée de navigation sur l’une des plus belles portions de côte de la Nouvelle-Zélande.

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Une demie-heure après le départ, c’est la ruée vers l’avant. Il y en a plein partout, on prend des photos, on les regarde nager, sauter (parfois), et on enfile combis, masques et tuba pour aller les rejoindre. Pendant les instructions, ils sont tout autour du bateau, à nager très lentement, et on trépigne comme des gamins à qui on explique la tradition de Pâques avant une chasse aux œufs. Résultat : une fois tout le monde fin prêt, ils ont perdu patience et sont allés un peu plus loin voir si on y était. 

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Moteur en avant toutes, nous nous lançons à leur poursuite, puis dans une série de manœuvres d’encerclement d’autant moins évidentes que nous sommes seuls. La bande a flairé le piège et s’est rapproché des rochers. « Va falloir faire l’effort d’aller les chercher, nous lance-t-on ». Je rassemble tous mes souvenirs du CNOB (Cercle de Natation d’Ottignies-Blocry, ou quelque chose du genre), et (quelque peu aidé par mon tuba) me lance vers la côte dans mon meilleur crawl. Il ne me faut pas 50 mètres pour constater qu’il va en falloir au moins 50 de plus… Les ailerons s’éloignent, mon masque est plein de buée et du coin de l’œil, je vois la capitaine nous faire signe de revenir au bateau. 

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La chasse reprend, et nous les « coinçons » entre la plage et nous. Ce coup-ci, il n’y a que Jo et moi pour nous lancer à leur poursuite, le temps d’une nage frénétique vers le néant. Caramba, encore raté !

À la troisième tentative, Jo a jeté l’éponge (faut dire que le sprint en pleine mer est une discipline assez usante…) et je suis le premier à me jeter à l’eau. Ça y est, je vois une queue ! Là, c’est la farandole des instructions dans ma tête : nager plus vite, plus vite, chanter dans le tuba (d’après les conseils des professionnels), boire un petit verre d’eau de mer, coordonner les bras et les jambes, pas le perdre de vue… pouf ! il est parti. Bon, de toute façon, ce n’est qu’une bande de vulgaires poissons farceurs, et la nuit suivante, j’ai nagé avec eux pendant plein de temps… na ! En fait pour vous éviter tout effort inutile, je me dois de vous révéler qu’en rêve, c’est moins crevant, moins salé et beaucoup plus gratifiant.

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Sur cet échec cuisant, nous prenons la direction de Motorua pour une petite balade vers le sommet et un joli petit moment de contemplation face à la splendeur du lieu. C’est un poil plus loin que Blankenberge, mais c’est quand même vachement plus beau.

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Résultat, on a passé une super journée en mer, on a vu plein plein de dauphins, on a pu contempler toute la majesté de la Bay of Islands et on s’est offert une super glace en revenant à terre. Que demande le peuple ?

À tout bientôt pour de nouvelles aventures ! on va essayer de garder le niveau, mais c’est pas garanti…

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novembre 01, 2013

Oufti binamé qu’c’est loin !

On le savait, on le prévoyait, c’était marqué sur les billets, tout ça tout ça. La Nouvelle-Zélande, c’est juste de l’autre côté de la planète, et moyennant trois arrêts, c’est à 40 heures d’avion.

Quarante heures, c’est pas bien long en fait. Même pas un week-end, et on se plaint toujours que ceux-ci sont trop courts ! Et pourtant, le cul vissé sur un siège « classe économique », ça prend une toute autre dimension.

Trois heures de retard à Paris, 6h30 de vol vers Dubaï, 5h30 d’attente dans les duty-free, 6h de vol vers Kuala-Lumpur, 2h d’attente… dans une salle d’attente, 7h de vol vers Melbourne, 5h30 d’attente dans un terminal désert, 3h30 de vol vers Auckland.  En posant le pied sur la terre promise, on aurait presque la larme à l’œil, si nos yeux vitreux n’étaient pas tout collés par tant d’airco.

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On arrive comme des zombies au Kiwi international hotel, sorte de complexe énorme plein de chambres. 1 minute à la réception, 2 minutes dans les couloirs, 10 minutes chacun pour la douche et environ 7 secondes pour tomber dans un coma profond. Il est 3h de l’aprèm, mais en Belgique, il est déjà 3h du mat’, et on est mûrs pour 18h de sommeil, à peine interrompu par de brefs moments de conscience sur la fin. 

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Jeudi 31 octobre : on est en Nouvelle-Zélande. Ça. C’est fait.

Le temps est venu d’aller chercher Raoul. Direction Happy Campers, 2-3 formalités, une petite signature et il se montre à nous. Vitres pas électriques, 328 000 kilomètres au compteur, gouffre à essence de 2 litres 2 sous le capot, mais aussi double taque au gaz, lit d’1m60 par 2m, frigo, micro-ondes, toilette chimique… Il est cool, Raoul ! ! !

Du moins, c’est ce qu’on pense sur les 3 premiers kilomètres qui nous mènent au supermarché. Arrivés là-bas, on se rend compte qu’il est impossible de fermer les portes. On n’est pas des gros flippés du cambriolage, mais c’est tout de même un peu gênant. Au redémarrage, la batterie est sur le point de nous lâcher,… On démarre d’extrême justesse et retour à la case départ.

Qu’à cela ne tienne. Une nouvelle batterie redonne des couleurs au verrouillage central, et nous voici partis pour Bay of Islands ! C’est 200 kilomètres au nord d’Auckland, et c’est  la première étape de notre périple ! Sauf que sur la fin du trajet, il commence à faire réellement infect, et on arrive aux environs de Paihia sous une pluie battante. 

On fait une pause dans un parking en bord de mer histoire de « faire le point » (comprendre : se jeter dans la couchette parce que notre petite horloge circadienne nous hurle que c’est la nuit), et quand on se réveille 3h plus tard, il fait à moitié nuit et on décide que passer la nuit là est une excellente idée.

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C’est une excellente idée.

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Décalage horaire oblige, on se réveille à 4h du mat’ pour constater que les nuages se sont fait la malle et qu’ils ont laissé une gigantesque traînée d’étoiles derrière eux… On a droit à un matin splendide, dans notre chambre avec vue sur la mer. Hayon ouvert, doigts de pieds en éventail hors de la couette, salade de fruit servie au lit,…on savoure ! Un gars passe et on se dit « oups », mais il ne s’approche que pour nous dire « Si vous faites 100m par là-bas, vous trouverez un café bien chaud et vous verrez que vous avez vraiment trouvé le paradis ». 

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Çà a l’air cool, la Nouvelle-Zélande !

L’avantage du décalage horaire, c’est que du coup, on se lève super tôt, sans même faire d’efforts ! Direction Paihia, son office du tourisme, son seul bar ouvert (ouf : la toilette chimique ne sera pas pour tout de suite…). On finit à Waitangi (lieu hautement symbolique, puisqu’ c’est là que fût signé le traité fondateur de la Nouvelle-Zélande, définissant les relations entre Maoris et colons), où nous décidons d’aller faire une petite balade vers les chutes d’Haruru. C’est plein de plantes bizarres et d’oiseaux qui font dans la veine « musique contemporaine » pour charmer les femelles alentours. Bon, on n’est pas encore vraiment en mode rando… on part sans flotte, et sans pique-nique (vu qu’on n’a plus de pain) pour une balade de 2h30 à la mi-journée… la bonne idée !

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Vous savez pas quoi ? Demain, on va faire une journée de catamaran et nager avec les dauphins (si tout va bien). Sur une belle citation, on vous embrasse et on vous souhaite un bon week-end !

« Un complexe perturbé déterminera à nouveau un temps plus venteux et toujours assez maussade. Les pluies continues et parfois consistantes des premières heures s'évacueront par l'est, et seront suivies d'une traîne fort chargée dans laquelle quelques ondées pourront toujours survenir. Malgré tout, la masse d'air s'adoucira. » - Météobelgique