novembre 23, 2011

Flashback : l'arrivée en Bolivie !

Uploader les photos sur Flickr et faire des petites galeries sympathique, c'est chouette, mais ça prend un temps fou. Aujourd'hui, j'ai pris le temps de le faire, alors je vous fait profiter de quelques unes des photos prises à mon arrivée, entre l'atterrisage de l'avion et l'arrivée à Cochabamba !

San Pedro de Buenavista : Les photos

novembre 18, 2011

À la Féria de Sacabamba avec Sodis...


cochabamba,sacabamba,bolivia,feria,sodisHier soir, alors que je faisais des aller-retour entre mon lit et la salle de bains, s'est offerte a moi une vérité d'ordre cosmique : "rien ne sort du néant que petits prouts sans gravité". Fort de cette certitude, La voie royale vers une belle journée était toute tracée ! À 6h00 p... (bon, ça va, j'arrète) je sautais donc, ajun, dans ma douche avant de me diriger vers l'endroit de la ville oú l'on m'avait indiqué que partaient les "trufis" pour Cliza. Ni une ni deux, nous voici partis à 6 dans une Corolla Sedan - chauffeur compris, tout de même - pour une grosse demi-heure de quasi-autoroute. Après une attente de 4 minutes montre en main, j'étais installé dans gros bus peinturluré (un peu dans le style de celui que je vous ai montré l'autre jour). Là, j'ai eu droit à une petite heure de vrai, de pur, et d'abominable trajet "roots" bolivien. Une heure de tape-cul sur une route d'abord empierrée et pleine de vicieux caniveaux d'irrigation, puis de pavés disjoints agrémentés de sympathiques nids de lamas. Qu'importe, la journée s'annonçait splendide et intéressante.

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Sacabamba, c'est une petite bourgade d'environ 6000 âmes, perchée à 3050m d'altitude dans ce qu'on appelle le "Valle Alto" C'est une zone de grosses collines assez arides et relativement peu peuplées. Encore une fois, je dirais que c'est plus impressionnant par l'étendue que véritablement beau. Tout ça est vraiment fort sec, et puis il ne faut pas oublier que l'altitude ne tape pas que sur les abrutis qui pensent pouvoir passer de 0 à 3000 sans coup férir, mais aussi sur la végétation. Disons que ça manque un peu d'arbres à mon goût. Ceci dit, Il y avait de magnifique ciels à contempler, entre ombre et lumière, et rien que pour ça, je suis content d'y avoir éte. Question village, je prendrai un air très docte et vous dirai "c'est du typique bolivien". Comprenez : ça ressemble très fort au peu que j'ai vu jusqu'ici. De petites maisons de brique de plein pied construites dans la poussière et connectées par des chemins de terre. Bon, soit. C'est pas comme si j'étais venu admirer les merveilles architecturales du lieu.

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Ce qui m'amène ici, c'est la une sorte de méga Fancy-Fair, ou quelque chose dans ce genre-là. Lors de la "Feria Educativa", toutes les "unités éducatives se réunissent, présentent leurs projet de l'année, des maquettes, des affiches,... etc sur un thème particulier. Cette année : Le changement climatique (tiens tiens...). Tout cela est soutenu par diverses ONG's (qui ont l'air très présentes sur place) et débouche, en fin de journée, sur une grande remise des prix pour de nombreuses catégories comme "nettoyage de la maison", "Assainissement de l'eau". Dans le cadre de cette grand-messe éducative, la fondation Sodis, qui a un ""bureau"" à Sacabamba (je mets de gros guillemets car il s'agit de la petite chambre de Wilson, envahie d'affiches, de filtres de bouteilles et agrémentée d'un petit ordinateur), tient un stand d'information. C'est donc là que je passerai le plus clair de mon temps entre les groupes d'enfants venus gagner quelques menus cadeaux et les plus âgès, venus se renseigner sur le prix des filtres. Arrivé vers 9h, c'est directement parti pour le transbahutage de tout le matériel nécéssaire et le montage du stand juste à côté de l'église.

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La fondation n'est pas seule sur ce stand, mais malgré mes demandes répétées et mon écoute attentive des réponses, je n'ai toujours pas très bien compris qui fait quoi entre Sodis, l'ADRA, la "Mancomunidad de municipios de la cuenca del Caine" En tous cas, sur notre stand, on promeut majoritairement l'utilisation d'une eau propre dans la vie de tous les jours. Après le montage du stand, je discute avec les uns et les autres, puis au coin du stand, je trouve une petite fille toute mignonne, qui accepte que je la prenne en photo. L'occasion de tester mon imprimante qui, comme prévu, fait très forte... impression. J'avais pourtant fait ça dans un coin relativement discret du stand, mais en moins de temps qu'il faut pour le dire, j'avais autour de moi une grappe d'enfants en attente de se faire tirer le portrait. Évidemment, vu l'autonomie très limitée de l'engin, pas question d'ouvrir un stand, mais ça attire les gosses au stand, et ça c'est bien.

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Je deviens alors un peu plus "photographe officiel", et gagne l'insigne honneur de faire une affreuse photo de l'équipe en compagnie du maire. Il faut dire qu'un soleil pratiquement au zénith ne fait rien pour la qualité des portraits. Dans le stand proprement dit, on apprend comment faire un lave-main avec une boutieille de coca renversée, quels sont les moments clés auxquels ils faut se laver les mains, comment construire une toilette hygiénique et l'on montre le fonctionnement des filtres céramiques. Vers 15h30, il est temps de vite trouver un trufi vers Cliza, sous peine de me retrouver bloqué à Sacabamba. Et comme je n'y ai aucun endroit prévu pour dormir, ça la foutrait un peu mal. Je prends donc congé de mes hôtes du jour en les remerciant, demande pardon à mon arrière-train et lève les voiles.

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Ça, c'était pour le factuel... 

À Sacabamba, Sodis réalise vraiment un travail d'éducation à long terme. On met donc le paquet avant tout sur les enfants en leur répétant encore et encore les bonnes pratiques à observer. En posant des questions sur le réseau de distribution, Wilson m'explique qu'il y a un ou plusieurs points de captation, un réservoir et un réseau de distribution dans les maisons (ou juste en dehors), mais que rien de toute cela n'est protégé, et qu'aucun traitement de l'eau n'est réalisé en amont. Et ce pour la bonne et simple raison que la techologie nécessaire au traitement automatique n'est pas présente, et qu'il n'y a en général dans les communautés personne d'assez qualifié pour s'occuper du dosage et de la vérification des équipements pour tout le village. L'eau arrive donc en direct des points de captage, qui sont en plus souvent situés plus bas que les villages, ce qui augmente bien évidemment les facteurs de pollution.

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Il n'y a là bas aucun système d'égoutage, et tout est donc rejeté de-ci de-là. Pas franchement l'idéal en matière de santé publique. Le "choc des niveaux de vie", je l'ai cherché, je l'ai trouvé, et j'avoue être encore un peu mal à l'aise. Il est plus facile de faire le touriste et de fermer les yeux sur les conditions de vie des locaux en se focalisant sur la beauté des nuages et le caractère pitoresque des madames en chapeau, mais quand on les ouvre, on a parfois assez vite envie de les refermer, tant tout en nous crie "moi ça va bien, et vous ?". Mais bon, d'une autre côtém je pense avoir eu l'occasion de leur expliquer aujourd'hui le fond de ma démarche, qui est aussi de faire connaître autour de moi la situation qui est la leur et, indirectement peut-être leur venir en aide. Personnnellement en tous cas, je pense qu'un ordre permanent va très vite venir se rajouter à mon compte en banque...

novembre 15, 2011

Coups de soleil à Cochabamba

cochabambaJ'avais donc rendez-vous à 10h à la fondation Sodis, mais Enric, mon contact sur place, m'ayant envoyé un sms à 8h30 pour me dire que tout le quartier était sans électricité, je décide de remettre ma visite au début d'après-midi. Quoiqu'il advienne, j'irai, parce que j'avoue qu'il me tarde de les rencontrer. Passé le premier "choc", Cochabamba reste une grande ville, et ceux qui me connaissent savent que ce n'est pas trop mon truc. Heureusement, on s'y sent assez à l'aise. Il y a très peu de touristes, mais on n'y est jamais accosté, à moins de passer tout près d'un étal.

Ce qui frappe vraiment dans cette ville, c'est le caractère vivant des rues. En Europe, AFSCA, IPP, TVA et autres acronymes barbares ont pratiquement réussi à exterminer totalement le commerce de rue. Il reste bien quelques friteries et autres marchés organisés, mais rien de plus. Ici, avec tous les inconvénients et tous les dangers que cela suppose, on mange dans la rue, on achète dans la rue et, finalement, on VIT dans la rue.

J'ai l'impression que c'est un peu comme si tous les rayons de nos supermarchés avaient été déversés sur les trottoirs. Si bien que jusqu'ici, je ne pense pas être déjà passé devant un réel "magasin d'alimentation" proposant toute une variété de produits. Peut-ètre manger en rue est-il si normal et si bon marché que les gens ne ressentent pas le besoin comme chez nous de faire un maximum de provisions pour ne plus avoir à sortir de chez eux.

Il est sans doute un peu naïf de regretter ce vide dans nos rues, car les conditions de vie et de travail de ces commerçants ne me paraissent pas franchement enviables, et l'impossibilité ou la grande difficulté pour l'état de collecter l'impôt sur cet immense pan de l'économie engendre évidemment un gros manque à gagner, susceptible d'affaiblir considérablement l'état. Mais reste que cette convivialité et cette ville animée sans être oppressante rendent nos rues vraiment très tristes en comparaison.

 

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J'avais pas de vendeur de rue en stock, alors je vous ai mis un bus...

J'écris ces lignes (enfin, l'original en pattes de mouches sur mon calepin) assis sur un banc au sommet de la colline sur laquelle trône le "Cristo de la Concordia", immense statue de Jésus en béton dominant la ville qui l'encercle. C'est un moment de quiétude au grand air, et il me tarde de découvrir la nature bolivienne et ses richesses, loin  des villes.

Là dessus, il est temps pour moi de redescendre, de trouver un taxi pour Tiquipaya et le quartier général de la fondation Sodis. Comme je n'ai pas trouvé le temps de poster la suite avant de l'écrire (vous me suivez ?), la voici. En descendant des jupes de Jésus-Christ (à défaut de sortir de la cuisse de Jupiter... on fait avec ce qu'on a...), je prends un taxi, pensant me rendre dans un autre quartier de la ville... Mais Tiquipaya, c´est en fait un village en dehors. Le trajet me coûtera la somme exorbitante de 3€ (le mec demandait 25 Bolivianos, mais comme on a pas mal tournicoté pour trouver, je lui en ai donné 30 sans sourciller... trop content d'être arrivé à bon port).

 

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Il a pas l'air tout auréolé du souffle divin ce tas de béton ?

Je suis tellement bien arrivé que je suis une heure trop tôt, et qu'ils sont partis manger. C'est alors l'occasion de faire connaissance avec mon premier chien bolivien, super sympa comme... pas promis ! Il vient déposer une pierre à mes pieds avec la manifeste envie de jouer. C'est une affreuse bestiole avec une tronche de monstre des abysses, mais au moins il est gentil. J'apprendrai un peu plus tard qu'il s'appelle Apollo et que de toutes façons derrières ses babines pendoullantes ne se cachent plus que deux ou trois dents. Heureusement d'ailleurs, car un peu plus tard encore, il s'en prendra (gentiment) à mon mollet en pleine discussion avec Enric, peu content de me voir négliger mon devoir de lui jeter la pierre. Le reste, ce sera pour un peu plus tard... mais ce ne sont que de bonnes nouvelles !

 

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Appolo l'affreux !

novembre 14, 2011

Sous le soleil de Cochabamba

bolivia,altiplano,bus,pazAprès 14h de sommeil à peu près ininterrompu et une bonne douche (voir la photo du pommeau, vibrant hommage à Claude François), me voila déjà beaucoup plus en forme. Pour ne rien gâcher, il fait toujours un temps absolument divin sur Cochabamba... genre ciel bleu, 27 degrés... juste pour vous rendre un peu jaloux.

Hier matin, j'ai donc fait une visite éclair à La Paz, que je n'aurai (pour l'instant) vue que pour ses microbus bondés mais hyper-rapides et conviviaux. Ne les ayant testés que sur deux trajets relativement "courrus", mon opinion est un peu biaisée, mais ça se rapproche pas mal du moyen de transport urbain le plus efficace au monde... pas besoin de se taper l'arrêt, suffit de lever la main pour les prendre, il y en a des brouettes, ça coûte 2 Bolivianos (genre 20cts) et ça s'arrète oú on veut. Il suffit de demander à un local quel est le numéro de celui qui peut vous emmener oú vous voulez aller, puis d'attendre 34 secondes que le numero en question passe... hop ! Question confort, c'est franchement correct... beaucoup plus en tous cas qu'un tram bruxellois en heure de pointe !

Après deux trajets de microbus, me voici donc au terminal, où je me commence à peine  à chercher un bus pour Cochabamba qu'un type hurle "SALE A COCHABAMBA, SALE A COCHABAMBA !". Quatre minutes et 22 bolivianos plus tard (Oui, oui... faire 500km en bus, ça coùte 2euros ici), me voici dans un bus au départ quasi immediat. L'employé du guichet, voyant ma grande taille, a eu la gentillesse de m'assigner le siege numero trois, ce qui fait que je suis en haut, tout devant, avec un siège hyper-inclinable et une vue parfaite. Que demande le peuple ? (du sommeil...).

Après autant d'avion et aussi peu d'oreiller, je ne vous cacherai pas que malgré les excellentes conditions de transport, j'en ai bien bavé. Parce que ce que je ne vous ai pas encore rappelé, c'est que La Paz se situe gentiment à 4000m d'altitude, et que la plus grands partie du trajet vers Cochabamba s'effectue entre 4 et 5000m. Autant dire que je faisais pas trop le malin. Le trajet justement, s'effectue en partie dans les paysages assez hallucinants de l'altiplano. Je ne dirais pas que c'est véritablement beau, mais c'est tout de même impressionnant. À perte de vue, des collines et montagnes pelées, de petits villages rablés et poussiéreux et des hommes et femmes vacant à leurs mystérieuses occupations. Il faudra impérativement que je parle de ça avec des Boliviens, parce que je ne parviens pas réellement a comprendre comment ils peuvent vivre là, dans des conditions aussi rudes, en paraissant vendre des cailloux (c'est pas une blague) sur le bord d'une route qui traverse un désert minéral. Affaire à suivre. En tous cas, mon état zombitique avancé ne m'a pas vraiment permis de profiter du voyage. Heureusement, ce ne seront pas les heures de bus qui manqueront dans les mois qui viennent !

Aujourd'hui, je me suis donc levé du bon pied sur le coup de 8h alors que j'avais été dormir à 18h la veille, et avec la ferme intention de commencer à tenter de mener à bien mon projet de visite à la fondation Sodis. Je me suis donc dit que ce serait pas mal, pour les appeler, pour être joignable, pour pouvoir appeler diverses personnes, auberges, associations et autres, de disposer d'un numéro de téléphone bolivien. Petit passage dans un magasin bondé oú, comme ils disent : "Se vende chips" et je ressors fier comme Artaban avec une carte Sim et 60Bs de crédit d'appel. Ayant vendu la peau de l'ours un peu vite, je me rends compte que pour pouvoir recharger une carte, il faut être "registrado". Et que pour ça, il faut aller dans un magasin officiel Entel. Me voici avec un petit ticket sur lequel est inscrit "N-203". On sert le N-51. Qu'importe, à peine assis, le mec devant moi se retourne et me demande d'oú je viens, comment ça se fait que je parle espagnol comme ça, je lui répond que j'ai passé un an à Salamanque, ce qui fait se retourner Paco (le gars d'à-côté), qui me dit qu'il a vécu à Burgos et fait le chemin de St-Jacques. Le temps d'une bonne papote et on sert le N-251. Heureusement, les numéros sont là pour décorer, et l'ordre de passage n'est pas du tout le même. Sergio (le premier) me dit que c'est une question de type d'opération à effectuer, et ajoute "Nos queda mucho que aprender". C'est vrai qu'en Europe, c'est plus clair, mais tout est tellement efficace, lui dis-je, que pour finir, les bus ne s'arrêtent plus sur le bord de la route pour prendre les gens qui veulent monter.

Voila, j'ai rencontré mes premiers boliviens, super sympas comme promis, j'ai ma première adresse e-mail et mon premier numéro de téléphone. Si je reste á Cochabamba quelque temps, je ne manquerai pas d'aller boire un verre avec Sergio ! Et en prime, ils ont activé mon numéro, c'est le 00591 72 66 98 08 (il y a peut-être un zéro entre le 591 et le reste, mais je suis pas sûr). Au prix des communications avec la Bolivie, je ne  pense pas me faire spammer..:)

Et quelques petites photos...

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L'arrivée à La Paz avec lever de soleil sur les Andes... 

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Comme l'impression d'arriver dans une colonie lunaire...

 

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 Vous avez dit "lunaire" ?

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Le transport, façon Bolivie.

 

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 Manifestation à Cochabamba... Je croyais à une fête, mais non !

 

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 Chose promise, chose due : La douche à Cloclo... ;)