décembre 20, 2011

Into The Wild (Wild West !) - 2

En début d'après-midi, j'ai emmagasiné assez de chaleur et d'énergie pour prendre la route de la "Laguna Huañakota" située à un gros 5 km des eaux thermales. Au programme : flamants roses et autre nuit sur l'altiplano. Heureusement, un paysan du coin m'épargne la majeure partie du trajet. Mon sac est lourd et je n'ai pas beaucoup d'énergie. Il faut dire que je suis à moitié malade et que mon régime alimentaire est vraiment restreint au minimum. pâtes infâmes et soupes à grumeaux, ça ne donne pas franchement envie de se goinfrer. Pour couronner le tout, on est quand même à 4300m.

Je redoute déjà la nuit à venir, mais l'endroit vaut le coup d'oeil et, ce coup-ci, je suis vraiment seul. Pas la moindre cahute en rue, juste la "route" à côté sur laquelle passe un véhicule toutes les 3-4h environ. Comme espéré, je me gave des lumières du couchant, dernier coup de boutoir de l'astre solaire sur les masses nuageuses qui reprennent déjà le terrain perdu

parque,nacional,sajama,boliviaOui, ça vaut la peine de ne pas redescendre au village le soir...

Par acquit de conscience, je jette tout de même un coup d'oeil hors de la tente vers 9h et, Ô divine surprise, les nuages s'en sont allés, laissant place à la multitude des étoiles par une nuit sans lune. T-shirt manche longue, softshell, polaire, veste, gants, frontale et le matos, c'est parti pour une longue séance de photographie et d'admiration béate dans un froid piquant

parque,nacional,sajama,bolivia

Celle-ci, je la trouve assez convaincante...

Je m'essaie à la pose très longue, mais le calcul des ouvertures, ISO et temps de pause s'avère complexe... Aprés de multiples essais (entre 10 et 20 minutes par photo... pff) je me décide pour la "big one", 35 minutes de pose pour une pluie d'étoiles sur le Nevado Sajama. Là, ça fait plus de deux heures que je fais le pied de grue derrière mon appareil, et l'attente est une torture. Mais ça vaut le coup, j'ai tout calculé, ça va le faire à mort ! Ah tiens, j'avais pas entré le facteur rosée dans l'équation,,, Avecl a pluie d'étoiles, j'ai eu le brouillard gratos. Je suis un peu dégoûté, mais qu'importe,... il n'y avait nul brouillard dans mes yeux.

parque,nacional,sajama,bolivia

Ça c'est du grand'oeuvre... non ? ;)

Dans mon appartement bruxellois, il est vraiment rare que je voie le jour se lever sans qu'au moins une partie de mon esprit pense "pff, déjà ?". Pour la deuxième nuit d'affilée, je me sens comme un monocycliste debout sur une énorme boule, tentant par tous les moyens de la faire rouler à nouveau du côté de la lumière. De quintes de toux en retournements, j'essiae de colmater les fuites de chaleur, et je ne fais pas le fier lorsque l'aube arrive. Mais au moins, je suis sûr de ne pas louper ses lueurs magiques...

parque,nacional,sajama,bolivia

C'est presque kitsch, mais j'adore...

Ma tente est complètement givrée, et j'en profite pour racler avec ma tasse ces précieuses gouttelettes avant qu'elles ne se perdent.

 

parque,nacional,sajama,bolivia

Paré pour un petit café à l'aube

C'est que hier, pensant me diriger vers un lac (vous savez, une étendue d'eau avec une rivière qui entre et une autre qui sort...), j'ai dédaigné les eaux sulfureuses des aguas termales et je suis sévèrement en manque de flotte. La lagune en question est unconcentré de fientes d'oiseaux et ça sent le zwin par un jour de canicule. Même bouillie et avec du Micropure, je bois pas ça !

Idéalement dimensionnée, ma tente offre tout juste une tasse de café à qui la racle avec soin, et je garde donc mon fond de bouteille d'eau pour le retour. Une fois réchauffée, je rejoins mon abri qui devient l'endroit idéal pour une plaisante petite séance de lecture. J'en suis là lorsque débarque un promeneur solitaire. Anthony est français et voyage seul "à la dure" pour 7-8 mois. On taille une bonne bavette dans la langue de voltaire tout en se badigeonnant de crême solaire. C'est que l'altiplano ne connait pas de juste milieu... La suite à demain ! (si on veut bien...)

 

parque,nacional,sajama,bolivia

Anthony... ben oui, on était pas 12 dans le coin...

décembre 19, 2011

Into The Wild (Wild West !)

parque,nacional,sajama,bolivie,bolivia[Note : Comme on m'a reproché à demi-mots de faire des notes trop longues et que j'ai mille choses à vous raconter, je profite de mon retour à La Paz pour programmer un petit feuilleton. J'en profite également pour dire un grand merci à tout ceux qui me lisent, à ceux qui commentent, ça me fait toujours chaud au coeur !] Pris par les affres de la solitude et du mauvais temps, j'étais donc rentré à La Paz sans trop savoir que faire ensuite. L'idée d'aller glander au bord du lac Titicaca en attendant mon vol pour le Brésil faisait doucement son chemin, corruptrice. Fort heureusement, dans un sursaut d'énergie, je me mis en tête d'aller faire un tour du côté du Parc National de Sajama, aux confins de l'Altiplano, adossé à la cordillère occidentale qui sépare la Bolivie du Chili.

Parque,nacional,sajama,bolivia,bolivie

C'est pas beau ça ?

Comme toujours depuis mon arrivée dans ce pays, le trajet se fait tambour battant. Dans le bus pour Patacamaya 10 minutes après mon arrivée au terminal, dans le "van" pour Tambo Quemado 7 minutes après mon arrivée à Patacamaya et dans la voiture de Doña Luiza le temps de débarquer mon sac au croisement vers Sajama. 400 km en trois segments abattus en 5h et avec un quart d'heure d'attente au total, qui dit mieux ? Pas la SNCB en tous cas...

Dès mon arrivée, je me mets en route avec armes et bagages vers les "Aguas Termales" nichées à flanc de colline, à quelques 6km du village. Dès les premiers pas, je suis accompagné d'un affreux petit clébard qui gambade joyeusement à mes côtés, et semble bien décidé à venir avec moi où que j'aille... Comme je l'imaginais (on ne me la fait plus...), il y a là bas quelques bâtiments, mais après avoir planté ma tente sous des nuages menaçants, un petit bain à 35 degrés fait un bien fou ! Puis c'est sympa, il y a là quelques locaux, on papote comme des mafieux russes dans leur hamam, profitant du calme et de la tranquillité du lieu

parque,nacional,sajama,bolivie,bolivia

Coucher de soleil sur mon campement.

À la nuit tombée, je suis seul pour admirer les lumières somptueuses du coucher de soleil sur l'Altiplano.Le temps est à l'orage sur les hauteurs et des nuées arrosent l'horizon au nord-ouest alors que le temps est calme au sud. Rien que pour la photo qui suit, je suis content de m'être botté le cul !

parque,nacional,sajama,bolivie,bolivia

Coucher de soleil chamarré sur les volcans.

Ça, c'ètait encore dans l'euphorie du couchant, car après, c'est une interminable nuit dans un froid humide qui me transperce de part en part. Mon sac de couchage ("extrême : -5 degrés... mon cul !) ne m'est d'aucun secours et les heures passent avec une lenteur désespérante. J'hésite à aller me plonger dans les eaux chaudes, mais je ne pourrai pas y dormir, et en sortir sera encore pire. Il pleut, il vente,... Courage, le jour reviendra.
Lorsqu'enfin les premières lueurs de l'aube pointent à l'est, je bondis (comprenez "je m'extirpe péniblement en claquant des dents") hors de ma tente en trébuchant à moitié sur mon compagnon à quattre pattes qui devant la rudesse des éléments, a fini par se réfugier dans le petit auvent de ma tente. Les premiers rayons de soleil frappent les volcants jumeaux de Parinacota et Pomerapi encapuchonnés de nuages. à l'est, les contreforts du Nevado Sajama sont nimbés de brume, mais ce n'est pas l'émerveillement qui me fait sautiller sur place...
parque,nacional,sajama,bolivie,bolivia

parque,nacional,sajama,bolivia,bolivie

Lever de soleil sur le Pomerapi et le Parinacota

Déjà, les premiers habitants des environs viennent prendre leur bain matinal (j'avais pas écrit quelque part "Putain qu'est-ce qu'ils se lèvent tôt ces boliviens !" ?). Je me glisse avec délice dans les eaux chaudes, les épreuves de la nuit sont passées, ça papote, les ménagères du coin viennent veaire la lessive à la sortie du bassin. Manifestement, il n'y  a en général pas de touristes à ces heures-là... La bonne moitié de la journée passe entre sieste peu fructueuse, bronzette (quoique ma crème Nivea indice 50 semble plus proche du plâtre que de l'adjuvant au bronzage...), essais de cerf-volant et longue conversation sur la politique bolivienne et la marche du monde avec le "moniteur" d'un groupe de jeunes venus se baigner. La suite à demain...

 

Parque,nacional,sajama,bolivie,bolivia 

décembre 10, 2011

Into the Wild (Wild South)

Tupiza,bolivia,wild 10h pétantes, me voici donc dans le bus pour Atocha et Uyuni. Je scrute le paysage par la fenêtre en quête d'un bel endroit ou m'arrêter, et après un peu plus d'une heure de trajet, je demande au chauffeur de me laisser là... Il me regarde avec des grands yeux, "Aqui ??" - "Si, si, aqui". C'est que "ici", il n'y a à peu près rien que quelques cahutes de terre et plein de cactus. Je sors tout mon barda du bus, et me voici en marche vers l'un des vallons perpendiculaires à la vallée principale, où coule un petit ruisseau ridicule dans son énorme lit. Je monte résolument vers le rien, empruntant un lit de rivière assèché, dans la caillasse et dans une chaleur. Mon sac pèse le poids d'un âne mort, mais je suis content... Ce coup-ci, j'en suis sûr, il n'y aura personne !

tupiza,bolivie
C'est parti !

Après deux petites heures de marche, j'avise un petit sommet qui paraît accessible (il faut dire que tout ce qui pousse ici est garni de copieuses épines, et que les "montagnes" sont faites de gravats friables... Comme il n'y a pas le moindre semblant de sentier, il faut bien regarder où on va. Ce n'est pas une grosse montagne, loin de là, mais à la séparation de deux vallons, ce monticule offre une très chouette vue sur les alentours. Depuis que je suis en Bolivie, j'ai dèjà vu un nombre impressionnant d'éclairs... presque chaque jour, méme s'il ne pleut pas, le tonnerre gronde, et je choisis donc un petit épaulement non loin du sommet pour planter ma tente. On ne m'aura pas à démonter en quadruple vitesse et en pleine nuit pour ne pas me prendre la foudre sur la tronche.

Tupiza, bolivie
Le campement, bien surexposé... mais c'est que mon 10-24 a sérieusement souffert...

Au programme de l'après-midi : installation du camp, bricolage d'un abri solaire et lecture dans le grand calme du désert. Ce coup-ci, j'ai pris le temps d'acheter une toile "superbolivienne" pour éviter de cramer totalement, et je suis bien content d'avoir avec moi les 15m de cordes emportés dans la catégorie "en cas de problèmes"... 2 Cactus, un mât de tente et une motte de terre feront l'affaire pour la structure, quelques lacets de rechange pour arrimmer la toile aux cordes, et me voici nanti d'une super machine à faire de l'ombre... entre deux rafales de vent.

Tupiza,bolivie
J'en profite pour faire un peu le con...

Le soir pointe le bout de son nez, le moment tant attendu des belles lumières du couchant. Je monte donc au sommet avec mon matos photo et mon réchaud en prévision d'une belle nuit de photographe. À peine au sommet, je me rends compte que j'ai oublié ma frontale, et que la descente en pleine nuit risque d'être périlleuse. Retour au camp, retour au sommet... Pour me rendre compte que j'ai le réchaud, j'ai la frontale, mais j'ai oublié le sac de bouffe et le café. Allez hop, on redescend, on remonte... heureusement que le campement n'est pas trop loin !

Tupiza,bolivie
Coucher de soleil sur les cactus...

De fait, les lumières du couchant sur les cactus en fleur sont magnifique, et j'en prends plein les yeux. La nuit tombe et malheureusement, la lune presque pleine empêche une belle vue sur les étoiles. Qu'à cela ne tienne, la beauté s'offre à qui sait être patient (en tous domaines d'ailleurs...). Une petite bouffe, un bon café, et voila que le ciel se couvre. Alors que la lune va bientôt s'en va vers son coucher, de gros nuages ont totalement envahi le ciel,... Patient mais pas suicidaire, je n'attend pas que l'orage me pète à la gueule au sommet et j'abandonne... Tant pis, ce sera pour une autre fois.

Tupiza, Bolivie
J'en profite pour tricher un peu avec une photo prise la veille à la sortie de Tupiza...

Le lendemain matin, lever aux aurores pour profiter des lumières de l'aube, mais aussi pour me rendre compte que je consomme comme un vieux 4x4 américain. Des 4 litres (plus un reste de coca vite bu) de flotte emmenés, il ne m'en reste qu'un petit. Il faudra donc redescendre ou creuser un puit dans le lit de la rivière. Je décide de redescendre. J'aurais bien prolongé le séjour dans la région, mais l'absence de cours d'eau, si petits soient-ils, limite très sérieusement mon autonomie, et je décide donc d'aller chercher de plus vertes contrées, Into the Wild (Wild North). Encore une fois, à peine de retour sur la piste principale et ayant trouvé un grand arbre pour attendre le bus, le voici qui arrive... décidémment, les transports en Bolivie sont d'une efficacité incroyable... à défaut d'être d'un confort royal.
Tupiza,bolivie

Tupiza, bolivie
 tupiza,bolivie

décembre 08, 2011

J'ai pissé dans l'oeil de l'Inca

Aussi enrichissante et agréable (le plus souvent...) qu'ait pu être mon expérience avec Sodis, ça ne m'a pas laissé beaucoup de temps pour moi, et encore moins en pleine nature. Le problème des bus, c'est qu'ils vont de ville en ville, et qu'on se retrouve donc invariablement en milieu urbain. Sans être le moins du monde ermite solitaire, il me prend souvent l'envie de me retrouver en pleine nature, seul face à l'immensité, tout ça...

bolivie,potosi,laguna,tarapaya

Là, on y croit encore...

Au départ de Potosí, le routard renseignait la "Laguna de Tarapaya", située à environ 25 km de la ville et apparemment en pleine nature. Ni une ni deux, je trouve le mercado de Chuquimia (d'où partent les bus pour là-bas), comme d'habitude, le bus est là et part 3 minutes après que j'y sois monté. En deux temps trois mouvements, me voila dropé près d'un pont, avec explications du chauffeur : Il y a un tout petit chemin qui monte, il suffit de le suivre et tu vas tomber dessus. Là, je souris bêtement, ça s'annonce très bien, c'est effectivement un sale petit sentier super escarpé, bien dur avec mon énorme sac à dos. Le genre de chemin qui fait déjà une bonne petite sélection dans le public.

Tout essouflé (on est quand même à genre 3800m), je prends pied sur le ressaut et constate avec horreur que le chauffeur m'a en réalité proposé un raccourci, par rapport au chemin de terre carrossable qui monte de l'autre côté. Il y a donc des petites maisonnettes, un garde qui fait payer un droit d'entrée (10 Bs, pas la mer à boire), et surtout déjà une famille de boliviens ayant parqué sa voiture juste au bord de la lagune, portières ouvertes et musique a fond, à peine couverte par le bruit des gosses hurlants... Ô joie, Ô sérénité, Ô magnificience de la nature. Putain, font chier ces boliviens à tout le temps se foutre là où je veux aller !

bolivie,tarapaya,potisi, laguna

Là, on y croit plus...

Le moment de rage et de désillusion passé, je m'installe au bord de ce petit lac aux eaux naturellement (très) chaudes. Le garde m'explique que c'est en fait un cône et que les berges sont très abruptes. La pente plonge jusqu'à 22m, là oú les eaux chaudes sortent de terre. En effet, à 50cm du bord, je n'ai plus pied. et au bord, je n'ai pas vraiment pied non plus, puisque c'est tellement pentu qu'il est impossible de se tenir en équilibre. Ces eaux auraient paraît-il de telles vertus que l'empereur Inca venait s'y baigner depuis Cuzco (et c'est pas tout près Cuzco...), d'oú les noms de "Ojo del Inca", Oeil de l'inca, d'après le garde, et "Baño del Inca", beaucoup moins poétique, d'après le routard, surtout quand on sait que "baño" en espagnol désigne certes un bain, une baignoire, mais aussi "les toilettes"... ;). Et pour ceux qui se le demandent, j'aurais bien voulu, mais je devais pas pisser, c'était juste pour avoir un titre un peu accrocheur...

Ceci dit, une fois mes bons vieux bouchons d'oreilles retrouvés, ça va déjà mieux, et je profite tout de même un peu du temps magnifique. Un peu trop même... C'est que le soleil au zénith (ou quasi) tape dur, et qu'il n'y a pas un arbre en vue, encore moins un arbre en dessous duquel s'installer pour profiter de son ombre. Les bains fréquents sont donc indispensables, et c'est un vrai bonheur que de sortir tout mouillé dans le petit vent qui souffle et qui rafraîchit.

bolivie,potosi,tarapaya,laguna

C'est pas ces ridicules petites arbustes qui vont donner de l'ombre...

Ceci étant, je ne m'éternise pas, car l'autocombustion me guette, je le sens ! 2h30 environ après mon arrivée, me voici sur le chemin de Potosi, avec quelques inquiétudes quant à la possibilité de trouver un bus. Après 5minutes de marche vers le village de Tarapaya, je suis rassuré, un bolivien sort du fossé, me passe devant et hèle une camionnette. Hop, en route.

Hop, en route j'ai dit. Ah, si, avance... Lentement, mais on avance. Faut dire qu'à 22 dont 3 enfants dans un gros Nissan Vanette, on a le temps d'observer le paysage. Qu'importe, de toutes façons, je ne suis pas pressé, mon bus pour Tupiza ne part qu'à 20h45, et j'aurai encore bien le temps d'observer les bucoliques alentours du terminal d'autobus.

Bolivie, potosi

Ah, ben heureusement qu'il est interdit de jeter des gravats et déchets... ça fait une chouette piscine pour les gosses du quartier, avec même un pneu au milieu pour jouer !

décembre 03, 2011

J'ai testé pour vous : Le bus-cama !

Après toutes ces découvertes incroyables avec la fondation Sodis, dont je ne remercierai jamais assez les membres pour leur gentillesse et leur disponibilité, il était temps pour moi de quitter Cochabamba (ne vous fiez pas au ton de la note précédente, je suis quand même très content d'ètre là, même si parfois, la réalité du terrain prend quelque peu le pas sur mon enthousiasme et me mène à des réflexions peu réjouissantes).

Direction le sud donc, avec pour objectif la découverte des paysages lunaires et des nuits étoilées du Sud-Lipez. Première étape : Potosi, ville minière et ancien fleuron absolu de la couronne espagnole, qui a sorti des collinnes avoisinantes des quantités monstrueuses d'argent. Très franchement, la triste histoire de ce lieu (des centaines de milliers, si pas des millions d'indiens et d'esclaves africains y sont morts pour l'enrichissement de l'Espagne, et plus largement de l'Europe) m'attire vraiment très peu, mais de toutes façons, c'est sur la route vers Tupiza, et comme entre Cochamaba et Potosí, il y a déjà 10h de bus, un arrêt me paraîssait indispensable.

Potosi,bolivie



Vers 9h donc (en tenant compte de la demie-heure nécessaire à faire demi-tour dans le terminal de bus supra-bordelique de Cochabamba), le Bus-cama a pris route. Le concept du bus-cama est très proche de celui de la business class en avion. Il n'y a que trois rangées de siège dans la largeur et le bus ne transporte qu'une petite cinquantaine de passagers. Conséquence : Des sièges larges et confortables, s'inclinant presque jusqu'à l'horizontale (cama signifie "lit" en espagnol...). Je ne dirais pas que j'ai dormi comme un bébé, mais de tous les trajets en bus qu'il m'a été donné d'endurer, ce fut de loin le plus confortable.

Sur le coup de 7h et sous un ciel sans le moindre nuage, j'ai donc débarqué à Potosí, avec comme une intense envie de sieste. Direction le centre et l'hostal Carlos Quinto donc, en traversant les faubourgs "coronesques" de la ville. Potosí est riche de son passé, mais pour l'instant, on ne peut pas dire que ce soit la grande gloire. Une fois quelque peu reposé, je sors pour une grande balade dans la ville, toute en contrastes. En descendant un peu, ce ne sont que belles demeures coloniales, marchés animés et rues colorées. Je décide de monter le plus possible pour obtenir un point de vue "global" sur la ville, et après une heure de marche, je suis dans des quartiers beaucoup moins réjouissants. Ceci dit, à part de sales clébards grognants, aucun sentiment d'insécurité ne me prend. Les gens me regardent passer un peu comme un martien, je tape la papote avec un gars occupe à creuser un tranchée d'égouttage à la pioche, étonné de voir un touriste dans le coin, mais pas du tout méfiant. La vue d'en haut n'est pas spécialement magnifique, mais rien que pour l'effort (le centre ville est quand même à presque 4100m... et même en venant de 2500, ça pompe !), je suis content de l'avoir fait.

Potosi,bolivie



C'est en redescendant que vient le plus chouette moment de la balade... Après un arrêt au Mercado Campesino pour acheter des pommes, je pose mon cul sur une petite place, pensant prendre une photo de la dame en train de tondre les pelouses au couteau (si,si...). J'étais en train d'hésiter quand je vois une  petite fille faire de la corde à sauter avec un mètre en métal souple s'approcher, d'abord timidement, puis avec un peu plus de conviction. On noue le contact, et c'est parti pour une chouette séance photos et impressions en direct... Je suis trop content d'avoir emporté cette imprimante, voir leur tête en recevant ce petit cadeau tout simple vaut largement l'investissement !

Potosi,bolivie

Là dessus, retour à l'hôtel, une petite session d'écriture et d'upload, puis j'irai probablement voir ce qui se passe dans le pub juste à côté. Au programme de demain (au moment d'écrire cette note...), une lagune d'eaux thermales à 35 degrés qui se trouve à une grosse vingtaine de kilomètres de la ville, puis départ en fin de journée pour Tupiza.

À plus dans l'bus !

Potosi,bolivie

 

Potosi,bolivie