novembre 22, 2013

Après l’effort… le réconfort !

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S’il vous plaît de découvrir la splendeur des lacs de Nouvelle-Zélande, rien de tel que de prendre un petit peu de hauteur pour en contempler les étendues. Partant de ce constat, nous nous sommes lancés à l’assaut du Mount Isthmus, colline à l’aspect débonnaire qui sépare les lacs Wanaka et Hawea. Mais l’habit de verdure et de prairies moutonnantes dont se pare le Mount Isthmus ne fait définitivement pas le moine.

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Pour votre gouverne géographique, le lac Hawea étend ses eaux bleues 348 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le Mont Isthmus, lui, fait pousser ses dernières touffes d’herbe à 1386 mètres d’altitude. Nous sommes donc partis pour un bon 1000m de dénivelé sous ce que certains esprits chagrins pourraient facilement qualifier de cagnard, mais, dans un esprit de tourisme positif, nous nous contenterons dans un premier temps de nous réjouir de ce soleil radieux.

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Pour les fidèles lecteurs de ce blog, je qualifierais les lacets du chemin qui monte au sommet de « semi-brésiliens ». Après une petite demi-heure de balade facile, nous attaquons les pentes principales, et le chemin prend alors une pente à faire pâlir le gosier du capitaine Haddock. Non content de nous faire suer sang et eau, le bougre s’échine à ne se révéler que par bribes propices au découragement. Alors que, le sommet d’une portion atteint et ne voyant pas la suivante, nous pensons fort logiquement que la pente va s’adoucir, il n’en est rien. Seuls de petits ressauts autorisent la pente presque linéaire à se soustraire à nos regards embués de sueur. Le cuistre va jusqu’à nous proposer une bavante finale donnant accès à un petit col auquel il nous faut, comble du vice, descendre par une pente abrupte avant de pouvoir reprendre l’ascension vers le sommet proprement dit.

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Là, les forces de Jo l’abandonnent. Ses quadriceps rendent les armes et nous décidons que la vue d’ici est déjà vraiment pas mal. Nous savourons une pomme, puis le snickers qui devait être celui du sommet. C’est là que le miracle de la glycémie se produit et, armés de nouvelles forces, nous décidons de ne pas nous laisser défaire par une vulgaire colline herbeuse. Vingt minutes plus tard, nous foulons, ravis, la croupe sommitale. Malheureusement, la descente s’opérant par le même chemin que la montée, celle-ci sera un long calvaire pour muscles endoloris ponctué de quelques jurons sonores sur les pentes finales.

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Au final, nous avons profité d’un temps splendide et de vues magnifiques, mais nous pouvons sans honte marquer notre accord plein et entier avec le qualificatif proposé pour la balade sur le prospectus de l’office du tourisme : Hard.

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Là-dessus, on s’est offert un super resto en terrasse avec vue sur le lac, super pièce de bidoche et dessert de la mort ! Après l’effort…

Le lendemain, courbaturés comme après le tournoi de ping-pong de l’hospice, nous décidons de tenter une autre approche pour contempler les paysages depuis les hauteurs : le parapente ! Ni Jo ni moi n’avons jamais volé avec autre chose que des avions de ligne, et voilà l’occasion rêvée de jouer les fils d’Icare avec vue sur les montagnes.

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Nous avons rendez-vous au pied des pentes du Treble Cone Ski Area avec Richard, Rob et Nick pour un vol en tandem. Je vole avec Rob, et part le premier avec Rob. Il est hollandais, parle français et est plutôt du genre efficace. « Je t’accroche ce mousqueton ici, et cet autre là » - « Quand je le dirai, tu vas courir dans la pente. Ça va résister, tu continues à pousser et à courir jusqu’à ce qu’on décolle ». « OK ? ». « OK ». « GO ! »

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Et c’est parti, nous profitons d’une brise de face tout à fait parfaite, et en trois ou quatre pas, nous sommes en l’air. Wouhououououououou !

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Au départ, il y a simplement l’émerveillement d’être là, suspendu en l’air à regarder la montagne s’éloigner entre mes genoux. Nous faisons quelques tours lents pour saluer Jo et les autres, qui entament leur préparation sur l’aire de décollage, puis nous longeons les pentes abruptes vers les chutes d’eau qui s’en déversent. Là, c’est carrément le panard. Les crêtes se révèlent par le haut, puis nous en survolons la base. Il fait splendide et les rochers créent des courants thermiques qui nous ramènent en haut. On passe alors de la magie du vol calme aux sensations fortes. En toute logique, pour bien profiter du courant ascendant, il faut rester dedans. Et comme ce sont les rochers chauffés par le soleil qui font monter la masse d’air, il faut décrire de petits cercles concentriques au ras de la paroi. Et ça, ça fait des guilis tout partout dans le bidou. En fait, on attend Jo qui depuis, s’est élancée avec Richard. Ils viennent nous rejoindre et nous volons brièvement de concert avant que Rob ne mette le cap sur la petite zone herbeuse jouxtant le parking pour un atterrissage sur le cul tout en douceur.

Malheureusement, Jo se pose en même temps que nous, et Richard ne lui permet pas de profiter elle aussi des courants thermiques pour s’offrir un petit tour de manège supplémentaire. Ça restera la seule ombre au tableau sur cette expérience grandiose. Ça donne vraiment envie de s’acheter un bout de nylon et d’aller se jeter dans le vide !

Après la contemplation par le haut, nous avons encore été nous jeter une ou deux fois dans les eaux cristallines (mais un peu fraîches) du lac avant de décréter que nous avions bien profité des largesses de la région et que nous pouvions lever le camp. Direction la côte ouest.

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D’après les dires des quelques explorateurs croisés sur notre route, la côte ouest est l’empire véritable. La forteresse inexpugnable du dieu Sandfly. C’est donc avec une extrême circonspection que nous l’abordons, armés de notre nouveau répulsif réputé miraculeux. On a un peu peur que notre peau fonde à son contact, mais tout compte fait, il est préférable de mourir dans un bain d’acide que de finir écorché vif sous ses propres ongles. 

Wanaka – Haast – Dodo plein de sandflies – Fox Glacier – Franz-Jozef Glacier – Hokitika – Arthur’s Pass – Castle Hill Village – Springfield – Christchurch. 26h après être partis de Lake Wanaka, nous avons avalé du bitume comme jamais et sommes de retour sur notre côte est chérie avec l’intime conviction que la côte ouest, c’est encore pire que ce qu’on pensait.

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Un bel endroit croisé en fin de journée juste après Haast...

En arrivant à Haast, nous pensons découvrir la mer, mais c’est une somptueuse cathédrale de verdure qui nous accueille. La route longe la côte dans une forêt inextricable entrecoupée de mangroves aux eaux saumâtres et croupies qui semblent abriter tous les suceurs de sang de la création. Ce n'est vraiment pas dénué de beauté, mais ce n'est vraiment pas très agréable...

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Sur des centaines de kilomètres, nous arpentons cette forêt entrecoupée de vilains bouts de campagne hâtivement défrichée où paissent quelques vaches. Quand la mer se dévoile, elle ne révèle que mieux son austérité. Des forêts entières semblent avoir traversé tous les océans du globe pour venir s’échouer sur ces longues plages battues par la houle et le vent. Il y a là du bois flotté pour tailler des couronnes à mille dynasties.

Pour ajouter au tableau, il ne fait franchement pas très beau de ce côté-ci de la Nouvelle-Zélande dès le lendemain, et nos essuie-glaces nous ramènent aux heures sombres de la fin de l’île du nord.

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Le jugement est bien entendu hâtif, partial, plein de mauvaise foi et de haine pour les insectes piquants. Ceci dit, nous laissons avec plaisir la description détaillée de cette partie du pays à d’autres voyageurs plus résistants que nous aux vicissitudes de la crise d’urticaire.

Nous recroisons le pays d’ouest en est via l’Arthur’s Pass, puis une longue et splendide succession de grandes vallées vierges aux lumières superbes et aux espaces immenses. Le coin donne envie de prendre une tente et un sac à dos pour aller se perdre très loin, mais nous ne sommes pas trop d’humeur d’ermite, et la baie d’Akaroa nous attend. Mais ça… c’est une autre histoire.

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Pause... photo !

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Castle Hill Rocks

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Trop de pollution lumineuse par ici...

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Commentaires

kumps Bernadette et Marc
novembre 23, 2013

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Quel plaisir de vous lire encore ! Quel beau pays, ces immensités, ces lacs, ces montagnes, ces forêts, que c'est beau ! merci de nous partager votre séjour. Ca donne envie d'y aller. Superbe baptême de l'air en parapente dans ce merveilleux décor et "la grimpette" pas si facile, semble-t-il ! Bientôt fini cet extraordinaire voyage de noces, nous vous attendons avec impatience pour vous entendre de vives voix. Ramenez-nous quelques kiwis ....Bisous, bisous.
Maman, Papa

cath
novembre 25, 2013


Moi aussi, je vous lis!
A tout bientôt!

Barbara
décembre 05, 2013


Les photos sont grandioses! et le texte toujours aussi captivant. C'était chouette de vous suivre durant ce périple. Merci pour le voyage grâce aux ondes et au talent qui vous habite.
à une prochaine!
Barbara

juillet 19, 2014

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Je vous félicite pour votre exercice. c'est un vrai travail d'écriture. Développez .

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