janvier 25, 2012

Le Sud-Lipez et le Salar en images !

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janvier 23, 2012

Le Salar des contrastes

J'aurais bien voulu vous écrire que le Salar d'Uyuni et le Sud-Lipez, c'était absolument génial, une expérience incroyable et tout ça, mais l'honnêteté intellectuelle me force à modérer quelque peu mes propos. On a passé quatre jours le cul dans une jeep à écouter les Backstreet Boys avec un chauffeur crétin et deux françaises trés jeunes qui kiffaient absolument tout. Bon, c'est sûr, les paysages étaient superbes, majestueux, immenses et tout ce qu'on veut, mais on est pas encore trop sûrs de savoir s'ils valaient vraiment l'épreuve de la visite.

Ça commmence à Tupiza, d'où partent beaucoup moins de 4x4 (par rapport aux départs depuis Uyuni même). En arrivant en ville l'après-midi,  on va voir quelques agences, mais toutes pratiquent les mêmes prix pour les mêmes tours, et on finit donc par se décider pour Tupiza Tours, la "grosse" agence, qui nous paraît aussi la plus sérieuse. En partant du principe qu'il y a autant de cons en France qu'en Angleterre, on choisit la jeep avec un "couple" de français. Le lendemain matin, on fait la connaissance d'Euridice et Élise, 20 et 23 ans, volontaires pour une ONG française à Arequipa au Pérou. Bon, ce ne sera pas un couple... perdu.

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El Sillar, où quand l'érosion joue avec les montagnes...

Sur le moment, le courant passe plutôt bien, déjà, l'absence de la barrière de la langue est un plus non négligeable. On part quelques minutes aprés les autres jeeps, et on est pas tous seuls, mais c'est pas la cohue non plus, je suis un peu rassuré. Pas bien longtemps, puisque juste après la première pause, le chauffeur me tape déjà sur le système. Malgré ma première demande, il s'obstine à rouler à 30m de la voiture qui nous précède, dans un nuage de poussière. N'en pouvant plus de ce non-sens, je lui répète que j'aimerais bien qu'il roule un peu plus loin histoire qu'on puisse voir les paysages peinard. Il obtempère alors, mais en mesure de rétorsion, il bloque les commandes des vitres électriques à l'arrière "pour éviter que nous prenions trop de poussière".

O_O MAIS ABRUTI, SI TU COLLAIS PAS AU CUL DE L'AUTRE, ON EN SERAIT PAS LÀ !!! Silence et calme intérieur... je tente de rester diplomate, on en a quand même encore pour plus de trois jours ensemble, faudrait pas que ça tourne au conflit ouvert d'entrée de jeu. De Lao Tseu ou de Sun Tzu je me demande lequel mériterait la lecture la plus urgente...

On s'arrête vers 11h dans une jolie petite prairie à Lamas où on fait la connaissance d'Étienne et Émilie, un couple de français, et de Sam et Alija, des australiens en goguette. Ils ont pris une autre agence, mais on partage la même cuisinière. Allez comprendre. À 11h30, un bon petit repas de sandwiches et crudités est prêt... On ne sait pas encore qu'après ça, nos estomacs vont gargouiller pendant un trèèès long moment.

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Pique-nique en famille...

C'est que la première journée, c'est 10h de bagnole sur des routes défoncées avec genre trois pauses. On était censés faire étape à San Antonio de Lipez, où nous passons vers 16h sous un soleil radieux, mais de sa propre initiative, Béto (le chauffeur à qui il manque juste le "a") décide de nous coller trois heures de plus dans les gencives pour arriver à la tombée de la nuit dans un bled infâme oú on se gèle les burnes en attendant le souper, qui arrivera tranquillement vers 22h. Dire qu'on aurait pu profiter de la fin d'après-midi peinard au bord de la rivière, face à une montagne magnifique. Sauf que Béto, lui, n'en a rien à foutre. Il préfère se lever plus tard le lendemain. On est tous bien usés par la faim et le trajet, et pour Jo à peine acclimatée par le Titicaca, il faut ajouter l'altitude, et ce n'est vraiment pas la grande forme. Quel con ce Béto !

Le lendemain, ça commence déjà beaucoup mieux, on arrive en réalité dans le Sud-Lipez, et il y a beaucoup plus de trucs à voir, ce qui multiplie les pauses. On voit nos premières lagunes, nos premiers flamants roses (pour moi, les plus proches...), il fait magnifique et on se calme un peu dans les chaumières. Ceci étant, on a échangé un peu l'énervement du trajet trop long contre celui de la musique pourrie en permance. Mais à ce moment là du trajet, on est pas encore tout à fait usés, et on supporte sans trop de mal. Il y a même de temps en temps de bons morceaux, à défaut d'avoir un bon son. C'est que l'installation sono de la jeep est, ... comment dire... bolivienne. Aucune basse et des aigus qui crachottent en cas d'exagération sur le volume. Je repense à Matt Chem et à son horreur du MP3, et j'en profite pour lui conseiller de ne jamais mettre un tympan en Bolivie.

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 Quiétude et majesté...

Lagunes, Désert de Dali, Laguna Verde, sources thermales, geysers et pour finir la Laguna Colorada... il faut tout de même bien avouer qu'on en prend véritablement plein la vue. Dans une seule note, c'est pas possible de vous mettre autant de photos que ce qu'on voudrait, mais dès demain, c'est promis, vous aurez droit à une loooongue galerie Flickr, parce que ça en vaut vraiment la peine. À la Laguna Colorada, qui étale ses couleurs rouge brique entre les étendues de sel qui volent sous les rafales, il y a un vent à décorner les boeufs. On s'abrite comme on peut, mais dès qu'on se remet dans le flux, il faut faire quelques pas pour retrouver son équilibre. Pas un coin pour pisser face au vent...

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La Laguna Verde en plein changement de couleur

Le soir, on loge dans le hameau de Hualljara, à quelques kilomètres à peine de la Colorada. Ce coup-ci, on arrive relativement tôt, ce qui nous donne le temps d'aller faire une petite balade ensemble et de se boire une petite bouteille de vin emmenée de Tupiza dans un charmant petit abri de berger. C'est que dans ce genre de voyages organisés, les moments de solitude sont rares, et ne parlons même pas d'intimité. Là, juste avant le coucher du soleil, on s'offre une respiration bienvenue, rien qu'a deux. C'est pas qu'on est des asociaux ou des fusionnels de 15 ans, mais après deux mois de séparation et une petite semaine à nouveau ensemble, cette promiscuité est un peu dure à supporter pour nous.

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Le vent souffle sur la Laguna Colorada

Le soir, on se tape un infâme plat de frites molles arrosées de ketchup et de mayo (pré-arrosé, je veux dire... même pas le choix), et on entrevoit l'insondable hypocrisie de nos jeunes compagnes de routes. Elles trouvent vraiment pas ça bon, mais ne trouvent rien de mieux que d'aller féliciter "mamita" (qu'elles ont surnommée ainsi faute de pouvoir articuler son prénom...) pour ce festin. Pas que je trouve utile de râler et de critiquer à tout vent, surtout quand la cuisine est faite dans des conditions aussi difficiles, mais de là à dire que c'était super bon... En fait, c'est un peu comme ça pour tout avec elles, et à la longue, c'est un peu fatiguant. Encore, si elles adoraient vraiment tout, on se dirait qu'elles ont vraiment un super regard sur la vie et que franchement, on ferait bien d'en prendre de la graine, mais non. C'est juste une bonne grosse couche d'hypocrisie qui, il est vrai, sert admirablement le propos de la lubrification sociale. Elles s'entendent "trop bien" avec Béto, elles kiffent à mort et c'est vraiment trop ouf.

Moi, je suis vieux, râleur, grincheux et pisse-vinaigre, et j'emmerde la jeunesse. :)

Le troisième jour, on visite l'arbre de pierre, encore des lagunes (on commence à avoir compris... d'ailleurs, sur la dernière, tout le monde reste tout près de la jeep, prêts à grimper dedans pour repartir), la Valle de Rocas (un grand champ de pierres aux formes "trop chelou" grigotées par l'érosion), et enfin on arrive à Colchani, sur les rives du Salar. En principe, le programme détaillé par le chauffeur voulait que nous posions nos affaires à Colchani avant d'aller voir le coucher de soleil sur le Salar, puis que le lendemain matin, nous nous levions aux aurores pour aller admirer le lever de soleil, puis prendre le petit déjeûner sur le Salar. Autant dire que tout le monde était d'accord sur le programme.

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 Sous les ailes du condor de pierre

Puis vers la fin de l'étape, Béto nous dit qu'on doit finalement choisir entre le coucher et le lever du soleil. On proteste, on argumente, et il s'enfonce. Évidemment plutôt que de nous donner la raison réelle de ce revirement (on bouge en groupe de jeeps, et c'est crevant pour les chauffeurs, qui doivent encore se retaper les genre 500km pour Tupiza le lendemain... raison complètement valable), il trébuche d'excuse bidon en prétexte foireux. On va arriver tard (14h30... tu parles), on a pas assez d'essence (on a croisé trois pompes et l'autre jeep a même été faire le plein... perdu), c'est pas intéressant (un lever de soleil sur la plus grande étendue de sel au monde... et mon cul, c'est du poulet ?),... Il nous faudra attendre le lendemain matin avant d'en avoir enfin le coeur net. En attendant, on choisit le coucher, qui est paraît-il beaucoup plus impressionnant. Et c'est vrai que pour le coup, on a eu droit à un sacré coucher de soleil, précédé d'un bon moment pour apprécier les lumières sur les rives du salar inondé. On termine par le partage de notre dernière bouteille de vin (on en avait partagé encore deux la veille... ces français... pas prévoyants pour un sou !) assis devant ce spectacle à couper le souffle. Waouh !

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C'est pas du coucher de soleil ça ?

Le lendemain, c'est le Salar "classique", qui commence par la "visite" de l'hotel de sel, mais là, on est pas trop en mode visite. En effet, sur la petite demie-heure de route qui sépare Colchani de l'hôtel de sel, la goutte ultime a fait déborder le vase, la coupe est pleine, n'en jetez plus. La musique dance à deux balles style "Chihuahua" et remixes de la lambada à fond dès 7h30 du matin dans les lumières matinales du Salar, c'est trop pour nous. On a envie de profiter de ces grands espaces dans le silence et la quiétude, et les deux autres greluches derrière en rajoutent... "Ah ouais, c'est trop bien, ça réveille... je kiffe". C'est là qu'on se demande si on est vraiment vieux ou si c'est elles qui sont vraiment connes. En tous cas, on a pas la même idée de la contemplation de la nature et du respect des oreilles des autres. À l'arrêt, je profite d'une remarque de Béto sur un claquement de porte un peu fort (j'y peux rien, je suis tombé dedans quand j'étais petit... ai-je failli lui rétorquer, mais il n'aurait pas compris) pour lui exp(l)oser ses quatre vérités et comment on la gerbe de sa putain de musique de merde et que quand on est 6 dans une bagnole, on peut au moins penser à respecter la volonté des deux du milieu pendant un tiers du temps, et patati et patata. Là, il reste 2h avant la fin du tour, alors l'ambiance de franche camaraderie, c'est fini. On aura plus de musique jusqu'à la fin, mais ça a quand même un peu plombé l'atmosphère. Oups.

Entre temps, on prend les photos de circonstances sur le Salar, distortion de perspectives, délires,... et même si c'est on ne peut plus convenu, c'est quand même très drôle, et l'un dans l'autre, une fois oubliés les avatars du trajet, on en gardera de bons souvenirs, et de très chouettes photos.

 

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Goutez la liberté avec Free, le forfait internet illimité !

De retour à Uyuni sur la fin, on a un bus pour Oruro (puis pour Cochabamba) à 21h, et entre-temps, on décide de se payer une chambre d'hôtel pour profiter enfin d'une douche (oui, j'ai oublié de vous dire que dans le tas des désagréments, il y avait aussi le fait qu'on s'était pas douchés depuis 4 jours...), une bonne sieste, et surtout un moment à deux, sans personne d'autre !

Allez, c'est déjà pas mal pour aujourd'hui, il est temps que rende l'antenne, après avoir rattrappé une bonne partie de mon plantureux retard. Au programme de la suite, la galerie (chose promise chose due), puis les tropiques de Cochabamba et le Parque Ecoturistico Machia !

Et puis pour Julie qui réclamait à cors et à cris une photo de couple, voici qui devrait la contenter pour un moment... ;)

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Waaah, c'qu'on est beaux !

janvier 21, 2012

Le Titicaca : encore plus de photos

Hop, une petite tranche de plaisir photographique,... pour vous en mettre plein les mirettes !

janvier 20, 2012

Titi et Caca sont sur un bateau...

Depuis La Paz : direction le lac Titicaca, le soleil, la farniente (enfin, niente... c'est quand même beaucoup dire) et le retour bienvenu de la vie à deux. En un gros mois en Bolivie, je me suis quelque peu habitué au fonctionnement parfois chaotique du pays, et c'est une petite redécouverte que de voyager avec quelqu'un qui porte un regard complètement neuf sur les choses. Ben oui quoi, on chope un trufi pour Copacabana au cementerio avec 11 boliviens dans une camionnette... quoi de plus normal ?

Évidemment, retrouvailles et décalage horaire obligent, on a un peu merdé notre timing, et quand on arrive sur les rives du lac, les bateaux réguliers ont déjà levé l'ancre. Comme on a pas la moindre envie de passer la nuit dans le nid de touristes que constitue le petit village de Copacabana, on se fait gentiment arnaquer par le premier marin d'eau douce venu, mais on embarque bientôt pour la Isla del Sol.

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Les neiges éternelles de l'Illampú en toile de fond.

On se retrouve en compagnie d'une belge qui découvre le pays de son copain bolivien pour deux petites heures de traversée dans des paysages somptueux. Ils ont payé leur billet deux fois moins cher que nous, mais en même temps, l'équivalent de 10€ à deux pour une traversée quasi privée, c'est pas non plus la mer à boire. L'arrivée sur l'île est un peu rude, l'auberge de nos rêves est sur les hauteurs, et le petit chemin muletier qui y mêne n'a presque rien à envier à ses homologues brésiliens. En plus, on est tout de même à 4000m d'altitude, et pour Jo qui n'est pas acclimatée, c'est comme pour moi au début... on se sent comme un vulgaire clébard haletant sous la canicule.

Qu'importe, ce n'est pas non plus l'Everest. En une demie-heure de marche et avec l'aide de quelques feuilles de coca, on est dans notre chambre avec vue sur le lac... la classe ! On aurait apprécié une douche chaude en arrivant, mais l'île est en sous-alimentation électrique constante, et comme ici, la douche à Clo-Clo règne en maîtresse (pour ceux qui n'ont pas suivi, c'est ici), on est bon pour une séance chair de poule et souffle court sous le jet glacé. Heureusement, un bon lit et 15 kg de couvertures boliviennes (et je pense que je n'exagère pas) nous attendent. C'est que les nuits sont fraîches par ici, et que le concept d'isolation reste totalement étranger aux boliviens.

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On sent tout de suite quand le courant passe...

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Ya rien à dire, c'est quand même plus drôle qu'un mouton...

Le lendemain, on laisse notre barda à l'auberge pour se lancer à la découverte de l'île, de ses petites criques paradisiaques, de ses lamas aux tronches pas poss', de ses descentes casse-gueules et de ses montées éprouvantes. On a débarqué dans le sud de l'île, et les paysages sont enchanteurs, beaucoup plus verdoyants que ce que nous en avait raconté le routard. Loin du tourisme de masse, on trouve encore sur l'île des petites hanses sans le moindre gringo ou venir faire bronzette (enfin, dans notre cas, c'était plus le gros barbec que la gentille séance de banc solaire...) et se prendre une grosse cure de lumière. Jo arrive de Belgique... vous savez, ce petit pays tout gris où il y a genre 3h de lumière par jour en hiver et où la légende parle d'un astre jaune et brillant qui chaufferait la peau comme le poêle au charbon...

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C'est moche hein ?

Aprés une deuxième nuit sous les lamas flous (ils sont forts ces boliviens... ils parviennent à tisser des couvertures avec des lamas dessus, mais tout de même pas à les faire nets...), on prend la direction du nord de l'île avec nos gros sacs sur le dos. C'est parti pour 4h de balade qui se termine par une arrivée spectaculaire dans les Caraïbes. Oui, nous, quand on se balade, on fait pas les choses à moitié. Dans le nord de l'île, on a vraiment pas du tout l'impression d'être sur l'altiplano, à 4000m d'altitude. Ici, c'est bourré d'argentins toujours flanqués de leur thermos et de leur pot à maté. Ça devient une habitude, on arrive juste trop tard pour reprendre le bateau vers Copacabana. Mais en fait, c'est tant mieux,... après quelques tentatives de négociation d'une traversée "privée", on décide de profiter de l'après-midi radieuse qui s'annonce, de dormir sur place et de ne partir que par le dernier bateau du lendemain à 13h30. Après tout, c'est les vacances, et on a vraiment pas envie de se stresser dans les transports.

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 Qui a dit qu'il n'y avait pas de plages en Bolivie ?

Le soir sur la plage et sur le port, on fait toutes sortes de rencontres saugrenues. Adieu, veaux, vaches, cochons, dirons-nous le lendemain en quittant ce lieu paradisiaque. C'est que les paysages grandioses du Sud Lipez et du salar d'Uyuni nous attendent, et qu'entre-temps, on doit se taper le trajet jusqu'à Tupiza, à un saut de puce de la frontière argentine. Comme on est pas des gros bourges, on prend le trufi et le bus,... 3h30 + 10h + 7h = 20h30 de route... même pas mal !

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Eh oui, c'est jamais qu'un gros abreuvoir ce truc...

Au programme de notre prochain post : des volcans, des lagunes, des flamants roses, du sel, des françaises trop chébran un truc de ouf et plein d'autres merveilles !

À plus !

janvier 19, 2012

Grandeur et décadence du Brésil

Au programme de ce dernier jour dans la Chapada Diamantina : la sortie du parc par le fond de la vallée, puis en rejoignant le plateau. Il a plu une bonne partie de la nuit, et ça ajoute encore à l'ambiance "jungle". Tout est mouillé et nos grolles souffrent dans la boue.

C'est parti pour une séance de montées-descentes à faire gerber un petit pois (vert). Je recommence à dégouliner, mais ce coup-ci, on ne me la fait pas. Je marche avec une bouteille d'un litre et demi dans la main qui tient environ une heure avant changement et remplissage dans une quelconque rivière, voire sur le chemin. On se rappelle souvent le petit jeu de mot de Danilo : "Quand il pleut, ça passe de Vale do Pati à Vale do Patins". Pas trop de quoi faire les malins quand même, les descentes sur pierres vertes et moussues, c'est sévèrement casse-gueule.
Après quatre petites heures de jungle, une bonne suée et 1kg de berdouille collée à chaque pompe, on prend pied sur le plateau. De l'air, ... enfin ! Pour compléter le rafraîchissement, le ciel commence bien vite à nous pisser dessus, d'abord par petit jets fugaces, puis à un bon petit débit de croisière, faible mais mouillant.

Le grand architecte a tout de même le bon goût de tirer la chasse avant notre retour dans le fond de la vallée (do Capao) où nous attendent les deux heures de marche de trop. Partis sur le coup de 9h et arrivés peu après 18h, on est carrément liquéfiés par 8h de crapahutage (hors pauses) dans la gadoue. Liquéfiés mais heureux, fiers de l'avoir fait, d'avoir vu ce qu'on a vu et de s'être démerdés pour se donner l'occasion de vivre ces moments. Là, on est le 30 janvier.

Pour le nouvel an, on avait réservé une place sur le bateau loué par la section locale des couchsurfeurs (si vous ne savez pas ce que c'est, il est grand temps de surfer sur www.couchsurfing.org). Je vous passe les détails de la soirée, très chouette, pour en arriver directement au vol de nos sacs sur la plage. En gros, on s'est fait avoir comme des bêtes touristes,... détournement d'attention, complicité (plus que plus que probable, mais comment être sûr ?), et hop...  Faites vos adieux à 2000€ de matos photo, une semaine de souvenirs en images de la Chapada, un sac, un maillot, des crocs, un essuie, 150€ en liquide, une lampe de poche et autres babioles (moi), un iPhone, un Blackberry,  un passeport, une semaine de souvenirs en image de la Chapada et autres futilités (Angel).

Pour ajouter encore un peu de piquant, qui dit pas de passeport dit pas d'avion, et comme de toutes façon, Salvador de Bahia, c'est bon, on a vu, on s'embarque le matin même dans un bus à destination de Sao Paulo. 40h plus tard, les pieds gonflés et le cul en miettes, on ouvre avec bonheur la porte de l'appart. Une douche et une bouteille entière de rhum plus tard, on est mûrs pour le pieu et l'oubli.

Au final, le Brésil, c'est très chouette, c'est juste dommage qu'il y ait autant de brésiliens. Dès qu'on est dans un endroit fréquenté, et encore plus quand c'est touristique, on se sent comme une proie, qui sait juste qu'à un moment ou à un autre, elle va se faire bouffer. Trop agréable de voyager dans un pays pareil !

Là dessus, je fais mes bagages pour la Bolivie avec une joie non dissimulée,... Heureusement qu'Angel était là, compagnon de voyage parfait et ami de longue date (putain, ça nous rajeunit pas...) pour que les bons souvenirs finissent par prendre le pas sur les mauvais et les moins bons ! L'heure des retrouvailles avec mon amoureuse approche, et ça, c'est vraiment cool !

J'espère que comme moi, vous allez être contents : Le Brésil, c'est fini, et à partir de maintenant, c'est aussi le retour des photos. Demain : Le lac Titicaca !

janvier 12, 2012

À l'assaut du château fort

Décidément, je suis à la bourre grave... Fort heureusement, depuis qu'on est deux à voyager, je ne trouve plus du tout autant de moments pour vous conter mes (més-)aventures. On a un peu foiré notre timing hier en revenant du lac Titicaca, et on se retrouve du coup avec plein de temps à tuer à La Paz, puisque le bus qui nous emmènera à Tupiza via Potosí ne part qu'à 20h30. Voici donc la suite et la fin du Brésil, avant de rataquer avec les plus beaux endroits de Bolivie (et de fêter le retour des photos sur le blog, puisqu'on est passé d'un reflex à 2 compacts. C'est mieux que rien).

Or doncques tout brûlés et emplis d'une saine fatigue, nous arrivâmes en le pittoresque hameau d'Igresinhas. Ambiance moyen-âge... demain on attaque le Castelo (ou quelque soit la manière de l'orthographier en portuguais...). Un bon 6h de balade au programme, et la promesse d'une vue imprenable sur la vallée. Ça commence plutôt bien, avec un parcours le long d'une magnifique rivière, avec traverséees en sautant de pierres en pierres, descentes ultra-raides dans la végétation le long des cascades et baignade bienvenue dans la moiteur ambiante. Le pied. Aprés deux bonnes heures de marche on arrive au pied de la montée proprement dite, et là, on comprend notre douleur. Le chemin monte dans la forêt et atteint bientôt des pentes aux pourcentages staliniens. Impossible de marcher en rythme, puisque chaque pas est différent. Une fois on s'accroche à un arbre pour grimper sur une énorme marche, la suivante il faut un mini-pas d'escalade pour venir à bout de l'obstacle.

Beaucoup m'en sont témoins, j'ai déjà pas mal sué dans ma vie. Sur les pentes des alpes principalement. Mais comme ça ? JAMAIS. En fait, le problème, c'est qu'il fait tellement humide que la transpiration ne s'évapore pas. Les bases même de la thermodynamique font qu'évidemment, qui dit absence d'évaporation dit absence de refroidissement. C'est là que la biologie entre en jeu... Mon corps, en surchauffe, ne se rend pas compte que transpirer ne sert à rien, et accélère le processus au maximum. J'ai des sensations de pommeau de douche, mes vêtements sont trempés et j'ingurgite des litres d'eau. Quand la pente revient enfin à des degrés humainement acceptables, nous sortons de la forêt au pied de la falaise qui défend l'accès au donjon. Là, on pénètre dans une grotte qui traverse le premier piton et sort derrière, donnant accès au sommet. Enfin, c'est pas le sommet sommet (sinon, on rentre dans le domaine de l'escalade sur rocher pourri...), mais on domine toute la vallée et c'est vraiment superbe. On prend plein de photos, au 10mm, au 24, au 70, tout le toutim... Mais je ne vous les montrerai pas. Na.

À la descente, je découvre l'autre problème de cette infernale transpiration : quand je regarde vers le bas, les gouttes qui tombent de mon front s'écrasent sur mes lunettes et très vite, ma vison se brouille. Comme il ne reste pas la moindre surface sèche sur mon t-shirt, impossible de sécher les verres, et je navigue donc dans un monde plein de reflets et de diffraction. Heureusement, Angel me vient en aide avec son dernier bout de tissus sec... Sauvé !

Le lendemain, malgré les étirements, on se réveille avec les quadriceps défoncés. Comme on est seul avec notre guide, on l'avertit qu'on est pas au goulag, et qu'aujourd'hui, ce ne sera donc pas 7h de balades, mais plutôt une belle journée au bord des cascades, entre bronzette, plongeons et promenade (genre 3h, et pas trop dures) vers le hameau de Prefeitura oú nous passerons la nuit. On lézarde donc comme des fous, entre deux photos de plongeons spectaculaires (hum...). La nature est luxuriante, chaude et fraîche à la fois, c'est vraiment magique. Je profite de la longueur scandaleuse des pauses pour sortir le 50mm amené tout spécialement pour faire de la macro (monté à l'envers sur le boîtier). Un genou dans l'eau, une jambe en extension complète, et un bras en position demi-pompage, j'essaie de ne pas trembler pour faire honneur à la libellule qui a le bon goût de rester posée en plein soleil lorsque j'approche mon appareil jusqu'à 4-5cm d'elle. Plein cadre, dans la lumière, avec juste ce qu'il faut de profondeur de champ... je ne peux retenir un sourire béat en voyant les résultats... merci Jé pour le "truc". Mais de nouveau, je ne pense pas vous les montrer... faut d'abord que je les enregistre à la SABAM. Enculés de brésiliens.

Je ne sais pas trop quand je pourrai continuer (et en finir avec le Brésil...). Là, la faim nous tenaille dans le cyber-café, et il est temps d'aller se faire un petit almuerzo...

janvier 08, 2012

Quelques nouvelles textuelles...

Bon, ... autant commencer par ça, comme ça c'est fait... Les expériences photographiques, c'est fini pour moi. Je passe le relais à une quelconque enflure de brésilien, qui achètera mon appareil au marché noir. Le nouvel an à Salvador de Bahia, ça ne pardonne pas. J'espère donc que vous ne m'en voudrez pas trop pour ce texte aride, auquel je tenterai d'ajouter les quelques photos sauvées sur le compact, toutes les autres étant parties avec l'appareil.

Mais reprenons depuis le début. Après vous avoir quitté, j'ai pris comme prévu la direction de Sao Paulo, mégapole tentaculaire carrément flippante. Quand on arrive en avion, on aperçoit même pas la fin de la ville... Immensité bordélique de béton contenant la bagatelle de deux fois la population belge (bon, j'exagère, la métropole elle-même n'abrite que 14 millions d'habitants... 22 millions, c'est "le grand Sao Paulo"). Fort heureusement, j'ai mon pied-à-terre sur place et mon guide personnel en la personne d'Angel, ami espagnol de longue date (Putain, la dernière licence et le kot Erasmus, ça commence à sérieusement dater). Je ne m'étendrai pas trop sur la courte visite de la ville, au demeurant moins "horrible" quand on est dedans qu'au dessus. Deux jours plus tard, on fait nos valises pour le parc naturel de la Chapada Diamantina, à deux pas de Salvador de Bahia (enfin, deux pas brésiliens... genre 500km). 

La Chapada (si j'ai bien compris, le mot désigne plus ou moins "plateau" en portuguais. Il s'agit en fait d'une magnifique vallée un peu style "grand Canyon", mais en complètement vert. Vallons envahis par la jungle dans le fond, et grands espaces dégagés plus haut. La classe. 

Dans le plan de base, nous pensions partir de Lençois, charmante petite bourgade assez animée et remplie d'agences proposant toutes les balades possibles et imaginables. C'est que pour s'aventurer dans la "Mata" (forêt tropicale), il vaut mieux avoir un guide. On va pas faire les malins, on est des pauvres citadins à deux balles, alors on va suivre les conseils d'à peu près tout le monde et louer les services d'un local. Le problème, c'est que comme tout au Brésil, ça coûte CHER. Genre minimum 150 reals par jour et par personne, ce qui fait grosso modo 60€. On veut bien qu'ils se sucrent, mais quand même, se bafrer 1500€ pour emmener 6 gusses se balader 4 jours, ça nous paraît légèrement surfait. On décide donc de pousser jusqu'a Vale do Capao, petit village d'où, de toutes façons, partent les circuits qui nous intéressent le plus. Une amie d'Angel lui avait donné le contact d'un guide "indépendant" sur place, et une petite heure après notre arrivée, nous avons notre homme, Alexander, la petite vingtaine sportive nous emmène pour 80 reals par jour, rien que nous deux. Parfait. 

Sauf que comme de bien entendu, les choses se compliquent à peine 2h plus tard, quand ledit Alexander vient nous trouver sur notre terrasse où nous savourons la victoire pour nous dire que finalement, il ne pourra pas venir, mais que son pote Danilo va nous emmener. Là dessus, il nous présente un black aux yeux explosés, qui a l'air d'avoir fumé toute la moquette de la grande mosquée de Marrakech et qui dit pas grand chose. Bon, de toutes façons, on a pas d'autres options, et on est pas trop du genre à juger définitivement au premier regard. C'est pas comme si on avait jamais rencontré personne un lendemain de cuite.

Le jour dit, le mec est pas en retard, il est même une demie-heure en avance, et il a tout de suite l'air beaucoup plus en forme et beaucoup plus sympa. On embarque bouffe, sacs de couchage, réchaud et tout le toutim dans nos sacs et on est partis pour les premiers 8km en moto-taxi. Jusqu'a l'entrée dans le parc naturel, la balade est sur une route en terre qui n'est, comme nous l'avait dit Danilo, pas d'un grand intérêt, et comme il y a de toutes façons 5 bonnes heures de marche derrière, on se motorise un brin. Ensuite, c'est la nature, la grande, la belle, la vraie... il n'y a personne sur les sentiers, ça monte dur au début, avant que, une fois le verrou franchi, ne se dévoile la vallée. Fort heureusement, il ne fais pas splendide, assez couvert, ce qui nous évite de rotir sous un soleil d'enfer. Dans le coin, les matins sont nuageux, les après midis superbes et les soirées... variables. Dès la première heure et au franchissement de la côte qui monte sur la crête, on découvre les raffinements du sentier brésilien. Peu importe la pente, on monte tout droit, sauf si un obstacle véritablement insurmontable se présente. Auquel cas, on fait le détour minimum et on continue à grimper. Là, on croit qu'on a vu ce que c'était une montée. Tristes bouffons que nous sommes.

La première journée nous mène à Igresinhas, hameau (une famille, quelques cahutes...) oú nous ferons étape sur des matelas posés à même le sol. De la crète, ça a l'air tout prés, mais curieusement, les descentes sont un peu comme les montées. La descente de la crète est un crématoire pour quadriceps, on s'accroche comme on peut à tout ce qui passe pour ne pas voler dans le précipice. Évidemment, comme prévu, entre temps, le soleil a fait son apparition, et on arrive comme de bons gringos à l'étape, tout rouges, suants et contents. Ça, c'est fait.

Sur les entrefaites, on a eu le temps de faire un peu connaissance avec Danilo, qui, malgré nos appréhensions initiales, s'avère ètre un guide tout à fait excellent, sachant respecter le silence face à la majesté des lieux, expliquer et faire causette quand c'est le moment, et adapter son rythme au notre (on découvrira le dernier jour qu'en fait, il ne pouvait probablement pas aller beaucoup plus vite... mais ça, c'est une autre histoire).

Allez hop, j'arrête déjà là, parce que l'autre grande nouvelle, c'est que mon amoureuse est arrivée ce matin de Belgique, et qu'elle vient de finir sa sieste... Alors il n'est plus temps de glander sur internet !