décembre 08, 2011

J'ai pissé dans l'oeil de l'Inca

Aussi enrichissante et agréable (le plus souvent...) qu'ait pu être mon expérience avec Sodis, ça ne m'a pas laissé beaucoup de temps pour moi, et encore moins en pleine nature. Le problème des bus, c'est qu'ils vont de ville en ville, et qu'on se retrouve donc invariablement en milieu urbain. Sans être le moins du monde ermite solitaire, il me prend souvent l'envie de me retrouver en pleine nature, seul face à l'immensité, tout ça...

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Là, on y croit encore...

Au départ de Potosí, le routard renseignait la "Laguna de Tarapaya", située à environ 25 km de la ville et apparemment en pleine nature. Ni une ni deux, je trouve le mercado de Chuquimia (d'où partent les bus pour là-bas), comme d'habitude, le bus est là et part 3 minutes après que j'y sois monté. En deux temps trois mouvements, me voila dropé près d'un pont, avec explications du chauffeur : Il y a un tout petit chemin qui monte, il suffit de le suivre et tu vas tomber dessus. Là, je souris bêtement, ça s'annonce très bien, c'est effectivement un sale petit sentier super escarpé, bien dur avec mon énorme sac à dos. Le genre de chemin qui fait déjà une bonne petite sélection dans le public.

Tout essouflé (on est quand même à genre 3800m), je prends pied sur le ressaut et constate avec horreur que le chauffeur m'a en réalité proposé un raccourci, par rapport au chemin de terre carrossable qui monte de l'autre côté. Il y a donc des petites maisonnettes, un garde qui fait payer un droit d'entrée (10 Bs, pas la mer à boire), et surtout déjà une famille de boliviens ayant parqué sa voiture juste au bord de la lagune, portières ouvertes et musique a fond, à peine couverte par le bruit des gosses hurlants... Ô joie, Ô sérénité, Ô magnificience de la nature. Putain, font chier ces boliviens à tout le temps se foutre là où je veux aller !

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Là, on y croit plus...

Le moment de rage et de désillusion passé, je m'installe au bord de ce petit lac aux eaux naturellement (très) chaudes. Le garde m'explique que c'est en fait un cône et que les berges sont très abruptes. La pente plonge jusqu'à 22m, là oú les eaux chaudes sortent de terre. En effet, à 50cm du bord, je n'ai plus pied. et au bord, je n'ai pas vraiment pied non plus, puisque c'est tellement pentu qu'il est impossible de se tenir en équilibre. Ces eaux auraient paraît-il de telles vertus que l'empereur Inca venait s'y baigner depuis Cuzco (et c'est pas tout près Cuzco...), d'oú les noms de "Ojo del Inca", Oeil de l'inca, d'après le garde, et "Baño del Inca", beaucoup moins poétique, d'après le routard, surtout quand on sait que "baño" en espagnol désigne certes un bain, une baignoire, mais aussi "les toilettes"... ;). Et pour ceux qui se le demandent, j'aurais bien voulu, mais je devais pas pisser, c'était juste pour avoir un titre un peu accrocheur...

Ceci dit, une fois mes bons vieux bouchons d'oreilles retrouvés, ça va déjà mieux, et je profite tout de même un peu du temps magnifique. Un peu trop même... C'est que le soleil au zénith (ou quasi) tape dur, et qu'il n'y a pas un arbre en vue, encore moins un arbre en dessous duquel s'installer pour profiter de son ombre. Les bains fréquents sont donc indispensables, et c'est un vrai bonheur que de sortir tout mouillé dans le petit vent qui souffle et qui rafraîchit.

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C'est pas ces ridicules petites arbustes qui vont donner de l'ombre...

Ceci étant, je ne m'éternise pas, car l'autocombustion me guette, je le sens ! 2h30 environ après mon arrivée, me voici sur le chemin de Potosi, avec quelques inquiétudes quant à la possibilité de trouver un bus. Après 5minutes de marche vers le village de Tarapaya, je suis rassuré, un bolivien sort du fossé, me passe devant et hèle une camionnette. Hop, en route.

Hop, en route j'ai dit. Ah, si, avance... Lentement, mais on avance. Faut dire qu'à 22 dont 3 enfants dans un gros Nissan Vanette, on a le temps d'observer le paysage. Qu'importe, de toutes façons, je ne suis pas pressé, mon bus pour Tupiza ne part qu'à 20h45, et j'aurai encore bien le temps d'observer les bucoliques alentours du terminal d'autobus.

Bolivie, potosi

Ah, ben heureusement qu'il est interdit de jeter des gravats et déchets... ça fait une chouette piscine pour les gosses du quartier, avec même un pneu au milieu pour jouer !

Commentaires

jéh
décembre 08, 2011


tiens, juste pour te dire que l'on continue à te lire avec plaisir...

puis, pour petit rappel de prudence... et pour le fun...

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=qUdB8kIzuEI

voila ce qu'il peut arriver pres des sources d'eau chaude...


:)

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