décembre 10, 2011

Into the Wild (Wild South)

Tupiza,bolivia,wild 10h pétantes, me voici donc dans le bus pour Atocha et Uyuni. Je scrute le paysage par la fenêtre en quête d'un bel endroit ou m'arrêter, et après un peu plus d'une heure de trajet, je demande au chauffeur de me laisser là... Il me regarde avec des grands yeux, "Aqui ??" - "Si, si, aqui". C'est que "ici", il n'y a à peu près rien que quelques cahutes de terre et plein de cactus. Je sors tout mon barda du bus, et me voici en marche vers l'un des vallons perpendiculaires à la vallée principale, où coule un petit ruisseau ridicule dans son énorme lit. Je monte résolument vers le rien, empruntant un lit de rivière assèché, dans la caillasse et dans une chaleur. Mon sac pèse le poids d'un âne mort, mais je suis content... Ce coup-ci, j'en suis sûr, il n'y aura personne !

tupiza,bolivie
C'est parti !

Après deux petites heures de marche, j'avise un petit sommet qui paraît accessible (il faut dire que tout ce qui pousse ici est garni de copieuses épines, et que les "montagnes" sont faites de gravats friables... Comme il n'y a pas le moindre semblant de sentier, il faut bien regarder où on va. Ce n'est pas une grosse montagne, loin de là, mais à la séparation de deux vallons, ce monticule offre une très chouette vue sur les alentours. Depuis que je suis en Bolivie, j'ai dèjà vu un nombre impressionnant d'éclairs... presque chaque jour, méme s'il ne pleut pas, le tonnerre gronde, et je choisis donc un petit épaulement non loin du sommet pour planter ma tente. On ne m'aura pas à démonter en quadruple vitesse et en pleine nuit pour ne pas me prendre la foudre sur la tronche.

Tupiza, bolivie
Le campement, bien surexposé... mais c'est que mon 10-24 a sérieusement souffert...

Au programme de l'après-midi : installation du camp, bricolage d'un abri solaire et lecture dans le grand calme du désert. Ce coup-ci, j'ai pris le temps d'acheter une toile "superbolivienne" pour éviter de cramer totalement, et je suis bien content d'avoir avec moi les 15m de cordes emportés dans la catégorie "en cas de problèmes"... 2 Cactus, un mât de tente et une motte de terre feront l'affaire pour la structure, quelques lacets de rechange pour arrimmer la toile aux cordes, et me voici nanti d'une super machine à faire de l'ombre... entre deux rafales de vent.

Tupiza,bolivie
J'en profite pour faire un peu le con...

Le soir pointe le bout de son nez, le moment tant attendu des belles lumières du couchant. Je monte donc au sommet avec mon matos photo et mon réchaud en prévision d'une belle nuit de photographe. À peine au sommet, je me rends compte que j'ai oublié ma frontale, et que la descente en pleine nuit risque d'être périlleuse. Retour au camp, retour au sommet... Pour me rendre compte que j'ai le réchaud, j'ai la frontale, mais j'ai oublié le sac de bouffe et le café. Allez hop, on redescend, on remonte... heureusement que le campement n'est pas trop loin !

Tupiza,bolivie
Coucher de soleil sur les cactus...

De fait, les lumières du couchant sur les cactus en fleur sont magnifique, et j'en prends plein les yeux. La nuit tombe et malheureusement, la lune presque pleine empêche une belle vue sur les étoiles. Qu'à cela ne tienne, la beauté s'offre à qui sait être patient (en tous domaines d'ailleurs...). Une petite bouffe, un bon café, et voila que le ciel se couvre. Alors que la lune va bientôt s'en va vers son coucher, de gros nuages ont totalement envahi le ciel,... Patient mais pas suicidaire, je n'attend pas que l'orage me pète à la gueule au sommet et j'abandonne... Tant pis, ce sera pour une autre fois.

Tupiza, Bolivie
J'en profite pour tricher un peu avec une photo prise la veille à la sortie de Tupiza...

Le lendemain matin, lever aux aurores pour profiter des lumières de l'aube, mais aussi pour me rendre compte que je consomme comme un vieux 4x4 américain. Des 4 litres (plus un reste de coca vite bu) de flotte emmenés, il ne m'en reste qu'un petit. Il faudra donc redescendre ou creuser un puit dans le lit de la rivière. Je décide de redescendre. J'aurais bien prolongé le séjour dans la région, mais l'absence de cours d'eau, si petits soient-ils, limite très sérieusement mon autonomie, et je décide donc d'aller chercher de plus vertes contrées, Into the Wild (Wild North). Encore une fois, à peine de retour sur la piste principale et ayant trouvé un grand arbre pour attendre le bus, le voici qui arrive... décidémment, les transports en Bolivie sont d'une efficacité incroyable... à défaut d'être d'un confort royal.
Tupiza,bolivie

Tupiza, bolivie
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Commentaires

cath
décembre 13, 2011


Roooooo, ça me donne envie ;°)

So
décembre 16, 2011


Wawwwwwwwwwww quel plaisir de nous faire voyager !!!
Merci d'ici ou il fait gris souris.

Anneke
décembre 16, 2011


C'est beeeaaaauuu !
Tu nous manques :-)
Bisous
Anneke

eden.sb
février 13, 2013


Non que je soit de nature a abimer le vivant (..)
En attendant, de l'eau, il y en avait pas loin, du tout vu photos.
Cactus du type que photographié, ils stockent, soit une cavité contenant de l'eau dans les racines.
Certes, une pelle / couteau requis, gants peuvent aidés, et c'est fatal au cactus.
En attendant, il ne faut pas croire, hors sable (et même là, on y croise de l'eau, oups, des cactus, si vivant = eau).
Sans surprise disons donc, enfin, l’expérience après, irremplaçable.

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