novembre 28, 2011

Sous les tropiques du Chaparé

Ça fait un petit bout de temps que je n'avais plus rien écrit, et je m'en excuse auprès des plus assidus, mais c'est qu'entre mes petites excursions et la chaleur de la nuit cochabambine, il devient difficile de trouver du temps et de l'énergie pour aller se planter devant un ordinateur pendant des heures (vitesse de connexion oblige) en subissant la musique atroce d'un vieux cyber-café sans le moindre ventilateur, cloué sur une chaise en plastique qui fait transpirer du cul...

Jeudi et vendredi, je suis donc allé voir un peu ce qui se passait dans la "selva", ou plutôt dans les communautés rurales vivant aux alentours de Villa Tunari et de Chimoré. En partant de Cochabamba, on commence par monter vers 3000m, puis c'est une interminable descente vers la chaleur étouffante du tropique de Cochabamba, comme ils l'appellent ici. En l'espace de quelques kilomètres, la végétation change du tout et on passe de sympathique combes de moyenne montagne à une jungle encore montagneuse, puis à la plaine, comme une immense serre... Vous l'aurez compris au ton de ces premières phrases : J'ai quelque peu souffert dans la province du Chaparé. C'est que je suis plutôt un gars du nord, et les grosses chaleurs ne sont pas trop ma tasse de thé. Du coup, cette première journée entamée sous le coup de 3h50 (départ à 4h30, ouch) a été aussi intéressante qu'éreintante.

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Sur la route, entre Cochabamba et Villa Tunari

On part avec deux objectifs principaux : Tout d'abord faire le tour des communautés et des écoles ayant participé à ce projet d'urgence depuis bientôt 3 mois pour faire une évaluation des résultats obtenus en matière d'usage réel des filtres distribués et d'habitudes d'hygiène, surtout en ce qui concerne le lavage des mains. Le deuxième objectif est de réaliser un petit documentaire de 15-20 minutes sur ce projet, à présenter aux bailleurs de fonds, présents et futur. On embarque donc (en plus de ma petite personne...) un caméraman qui s'appelle Marco et qui est avant tout un grans spécialiste des blagues à 2 balles ! L'équipe se compose donc de Benito (le chauffeur multifonction), Martha (la coordinatrice du projet), Erico (le responsable de l'évaluation systématique des résultats), Marco et moi. Sur place, on rejoint José-Luis, le promoteur du projet qui travaille sur place. À 5, puis à 6 dans la petite jeep de la fondation sous la chaleur des tropique, ça s'annonce... comment dirais-je ? Humide.

Autant le dire d'entrée de jeu, ce projet paraît être une réussite assez impressionnante. Dans toutes les maisons et écoles que nous visitons, les filtres sont remplis et manifestement utilisés... Alors que la coutume était de boire directement l'eau des puits, celle du réseau de distribution où il est disponible, voire carrément celle du "rio" en l'absence des 2 systèmes précédents. Le filtre en question consiste en deux seaux transparents superposés, connectés par deux filtres céramiques au charbon actif. On verse de l'eau jaunâtre (et il faut voir la couleur de l'eau ce certains y versent...), dans le seau du haut, et on ouvre le robinet du bas pour boire de l'eau pure. Les habitudes des habitants ont apparemment la vie dure, et la tentative précédente (utilisation de la méthode de désinfection au soleil) s'était révélée un échec, dû d'une part à l'organisation que ça suppose (il faut mettre l'eau au soleil pendant 6h avant de pouvoir la consommer, et donc s'y prendre bien à l'avance) et d'autre part à la météo relativement incertaine du coin. Il y fait toujours super chaud, mais les précipitations étant celles d'une forêt tropicale, il fait assez souvent nuageux.

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 Petite vue de la Selva...

Lors de mes deux visites précédentes à Sacabamba et à San Pedro de Buenavista, j'avais certes eu l'occasion de rencontrer des habitants et quelques membres des autorités locales, mais je n'avais pas pu voir de mes yeux les maisons dans lesquels ils vivent. Ici, nous sommes allés à la rencontre des familles, sur leur lieu de vie, pour constater l'amélioration au non des conditions d'hygiène. De mes yeux d'européen, avec encore quelques mottes de beurre collées à l'arrière-train, j'hallucine complètement. En réalité, c'est un peu comme s'ils faisaient du camping "permanent". Rares sont les maisons qui disposent d'une chape en béton et en ciment, l'immense majorité des rez-de-chaussée sont un simple carré de terre battue, se transformant en boue lors des pluies abondantes. On nous assied en général sur les 2-3 chaises de la maison, puis comme on peu sur des cageots et autres bancs de fortune. Les becs de gaz qui servent à la cuisine du foyer sont à même le sol et je me demande toujours oú ils mangent. Pas la moindre table en vue... Probablement montent-t-ils à l'étage (pas qu'il y ait une table, mais au moins, ils peuvent s'asseoir sur le plancher, et non à même la terre.

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Une maison typique et son habitante... 

Ici aussi donc, la pauvreté est assez criante, et ici aussi, on a l'impression qu'une certaine torpeur, ou en tous cas un évident manque de sens pratique, du moins d'un point de vue européen. C'est que dans le coin, ce n'est vraiment pas (mais alors vraiment pas du tout) le bois qui manque, et je ne peux donc m'empêcher de me demander pourquoi diable ils ne construisent pas un minimum de mobilier, même rudimentaire. Nos visites ont lieu sans horaire précis, en pleine journée du jeudi, et dans l'immense majorité des maisons, au moins l'un des adultes est présent. Ce n'est donc pas qu'ils sont complètement débordés et qu'ils n'ont pas le temps de bricoler. En en discutant avec Enric, il me dit que c'est culturel, qu'ils vivent très bien sans tables et sans chaises, et que d'ailleurs, les positions "occidentales" sont en général bien moins saines pour le dos que celles d'autres peuples. Et de me citer le cas des indiens, presque toujours assis sur leurs talons, et qui s'en portent très bien. Soit... Mais que ce soient les arabes, les japonais ou, dans une moindre mesure, les indiens, tous ont des tapis, des nattes, du mobilier adapté, et parfois somptueux. C'est peut-être le cas, mais j'ai du mal à croire qu'on puisse aimer cuisiner assis, à genoux ou dans quelque position que ce soit, dans la berdouille et sans la moindre surface à proximité pour poser les aliments.

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En plus, ça doit être vachement pénible pour les lessives...

Et à propos de culture, j'en viens à l'autre moment clé de cette visite : L'entrevue avec le conseiller communale en charge du développement (enfin, je ne sais plus exactement quel était le nom de sa fonction, mais en tous cas il était chargé de ce type de projets). Au cours de cet entretien, Erico lui demande comment il pense que Sodis pourrait améliorer sa façon de travailler, et quelles sont les difficultés qui ont été rencontrées. Sa remarque principale est au sujet de l'échelle du projet, qui devrait inclure beaucoup plus de familles et de communautés, vu le succès dans les communautés "pilotes". Mais à aucun moment, il ne parle d'essayer de trouver des filtres, de les importer, de chercher une société qui vende ce type de produits,... rien. Manifestement, ici, on attend que l'aide vienne de l'extérieur. Dans les écoles construites par l'UNICEF, l'eau est amenée d'un réservoir construit par USAID, avant de passer dans un filtre donné par Sodis, et les petits écoliers amènent leurs cahiers dans de jolis petits cartables arborant le drapeau de l'union européenne, qu'arbore d'ailleurs également la trousse de premiers secours. Comme José-Luis me l'explique, la région du Chaparé est très soutenue politiquement par le pouvoir en place, et l'ex bras droit d'Evo Morales est en poste ici. Du coup, les ONG's se battent littéralement pour montrer leur travail dans cette région. Vu l'afflux, les autorités locales peuvent carrément se permettre d'exiger cadeaux et autres avantages pour la commune en échange de leur appui au projet en question. Alors qu'à San Pedro de Buenavista, les autorités pleurent pour qu'on s'intéresse au sort du Municipio (seul l'UNICEF y travaille actuellement), le Chaparé croule sous les propositions ou à peu près.

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On se lave même les mains à l'école maintenant...

Sommes-nous (enfin, les ONG's en général) en train d'en faire un peuple d'assistés ? C'est l'impression quelque peu diffuse et dérangeante que me laisse cette visite au Chaparé. Mais d'un autre côté, peut-on considérer que ce soit une mauvaise chose que d'apporter une source d'eau saine à des familles élevant des enfants de moins de 5 ans, et qui témoignent de l'amélioration de l'état des gosses, qui ont cessé de souffrir de diarrhées chroniques ? Je ne le pense pas, mais je ne suis pas tout à fait convaincu non plus par l'action en cours, même si elle semble porter ses fruits, du moins à court terme.

Fort heureusement pour ma santé mentale, je ne me pose pas toutes ces questions en permanence, et on a aussi profité de ce voyage pour se gaver comme des pourchats de fruits exotiques directement sur les arbres. J'ai cueilli ma première mangue, vu mon premier bananier portant ses fruits, goûté mon premier Achachairu (un petit truc à la peau jaune vif, qu'on épluche comme un litchi, et qui a un peu la même consistance, tout en étant trois fois meilleur), mon premier "Lima", des oranges cueillies direct sur l'arbre,... On en a même profité sur la route du retour pour exagérer bien comme il faut, et acheter genre 30kg de mini-bananes ultra-bonnes... J'en ai pas gardé beaucoup, heureusement, parce que ça se garde pas indéfiniment. Mais rien que pour la photo (et même si j'y ai un look d'affreux yankee à 2 balles), je suis content d'avoir dépensé les 20 bolivianos (genre 2€) que coutaient ces 15 kg de bananes... :)

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J'ai pas une belle gueule d'américain moyen ? À ma décharge, le soleil tapait dur...

La prochaine étape n'est pas encore très claire... nous devions repartir demain mardi dans le Chaparé pour aller à la rencontre des communautés (indigènes cette fois) en remontant en bateau le fleuve Chimoré, mais le transport pose apparemment problème, et je n'ai pas pu avoir confirmation par Martha de la date exacte du départ. D'un côté, je n'ai vraiment pas envie de louper cette occasion incroyable d'aller à la rencontre de telles populations en dehors de tout "statut de touriste" et avec des locaux, de voir "la jungle, la vraie" et tout et tout, mais d'un autre côté, je n'ai pas spécialement envie de rester 1 semaine de plus à Cochabamba, même si l'accueil d'Enric, chez qui je loge pour l'instant, est vraiment super et que le climat y est particulièrement agréable. Les nouvelles devraient arriver ce soir... J'espère que ce sera effectivement le cas. Sinon, je reviendrai demain pour vous conter les concerts à la Muela del Diablo et les nuits sur la terrasse du "Hooligan's", en grande partie responsables de mon manque d'énergie pour écrire hier et avant-hier...

Je vous laisse, il est grand temps que j'aille récupérer mes fringues au lavoir... libres des charmantes odeurs ramenées des tropiques ! Les photos devraient arriver d'ici très peu de temps... (C'est fait...)

 

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Daniel, un petit gars super attachant...

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Ombres et lumières nous accompagnent en remontant vers la fraìcheur

novembre 23, 2011

Flashback : l'arrivée en Bolivie !

Uploader les photos sur Flickr et faire des petites galeries sympathique, c'est chouette, mais ça prend un temps fou. Aujourd'hui, j'ai pris le temps de le faire, alors je vous fait profiter de quelques unes des photos prises à mon arrivée, entre l'atterrisage de l'avion et l'arrivée à Cochabamba !

Sur les hauteurs de San Pedro !

san,pedro,buenavista,bolivia,sodisSan Pedro de Buenavista, c'est vraiment l'autre bout du monde. Niché au confluent du Rio San Pedro (tiens tiens...) et de deux autres aux noms Quechua imprononçables et dont j'ai oublié le nom en moins de temps qu'il faut pour les dire, c'est le bout de la route. On y arrive en passant par Anzaldo, Acasio (et son superbe arbre) et une kyrielle de petites communautés perchées sur un promontoire, au creux d'une combe ou sur un minuscule plateau. Le tout dans un environnement de montagnes escarpées et de vallées aux profondeurs insondables.


On se plaint souvent de l'état "déplorable" de nos routes, mais, mais chers compatriotes, j'ai une bonne nouvelle à vous annoncer : elles sont dans un EXCELLENT état. Pour profiter du panorama de San Pedro de Buenavista, qui se trouve à un gros 200 km de Cochabamba, il faut environ 7h de voiture. ça donne une idée du genre de route. Ah pardon, je dis route, mais en fait, je devrais plutòt dire chemin... ou piste ou "sentier automobile". Armando, Elsa et moi voyageons dans un Toyota Land Cruiser quelque peu antique (1984 apparemment) mais puissant et vraiment passe partout. Heureusement, parce qu'autant l'aller s'est fait dans de bonnes conditions (comprenez "par temps sec"), autant le retour fut une autre paire de manches.

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Les montagnes de Bolivie (du moins celles-là, qui sont les seules que j'ai vues) sont en réalité d'immenses tas de cailloux rongés par une érosion galopante. Et comme de bien entendu, dans la nuit précédant notre départ, de violents orages ont pointé le bout de leur nez. Résultat : Pierres sur la route, glissements de terrain (dont un prenant toute la route, et nous obligeant à un vrai franchissement en 4x4... heureusement en descente), arbres voyageurs et j'en passe. Et comme le tout se passe généralement au bord de précipices relativement impressionnants (voire carrément flippants), on a comme qui dirait "un parfum d'aventure".

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Trêve d'anecdotes de vieux routier, nous sommes finalement arrivés à bon port pour analyser la situation du "municipio" de San Pedro de Buenavista et poser les bases du projet de l'année prochaine. L'idée de base était donc de sélectionner un certain nombre de communautés (des petits groupes de maisons paumés dans la montagne...), de convaincre le maire du Muncipio de soutenir le projet, y compris financièrement, à hauteur de 10% (soit 4000$) et de collecter les données nécessaires à l'établissement du projet.


Question "vente du projet" : aucun problème. En deux coups de cuiller à pot, le maire donne son accord et propose de signer une convention sur le champ. C'est que le Municipio est encore catégorisé comme "zone de pauvreté extrême", et que les problèmes de santé et d'hygiène y sont criants. Pas besoin donc de beaucoup argumenter. Là où les choses se corsent, c'est quand il s'agit de collecter les données sur les 22 communautés choisies en accord avec le maire. En fait, l'institut national de statistiques bolivien a réalisé en 2001 un recensement, et cartographié tout ça bien proprement, mais ils ont oublié quelques légérs détails sur la carte, comme par exemple les routes et chemins ou le relief (qui a son importance, vous vous en doutez...). Du coup, la carte se présente comme une feuille blanche, avec plein de petits points assortis d'un nom de communauté. Trop facile pour se repérer ! Il faut donc faire appel aux petits vieux du village, aux assistants du maire et à toute aide possible pour savoir où sont lesdites communautés, s'il y a une route qui y mène (généralement : non... juste un sentier), s'il y a une école, un réseau de distribution d'eau ou des installations sanitaires de base, combien de gens y vivent à l'heure actuelle. Mais peut-être que les choses vont changer suite à mon passage... je leur ai proposé de recopier les donnés de l'institut de stats sur des cartes "IGN" (qui existent) histoire de pouvoir se repérer, et ça leur a paru une excellente idée...

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Le projet de San Pedro de Buenavista commencera normalement en février (mais, comme je le disais, plus probablement en mars, vu l'état des routes à certains moments pendant la saison des pluies...) pour une durée de 3 ans. En fait, pour assurer l'efficacité du truc et ne pas perdre un temps dingue, gaspiller de l'essence (quasi 100l dans la jeep tout de même...) et de l'argent, quelqu'un sera engagé sur place pour mener à bien le projet, et qui sera évidemment en relation étroite avec le "siège" à Cochabamba.


Demain matin, on part en visite dans le Chaparé, à Villa Tunari et à Chimoré dès 5h du matin. On emmène avec un caméraman, a qui je servirai d'assistant et de seconde caméra en plus de prendre des photos dans le but de réaliser un petit documentaire de 15-20 minutes sur le travail qui a été réalisé là-bas dans les 3 mois précédents... autant dire qu'il est grand temps que je révise le mode d'emploi de mon appareil photo pour pouvoir filmer à peu près correctement. Pas de chance, les communautés indigènes du fleuve se réunissent justement maintenant, et ne seront donc pas disponibles pour une petite visite... :( Je vais donc voir ce qui s'organise par après, et peut-être essayer tout de même d'y aller. C'est apparemment une région superbe, et même dans un but touristique, ce serait bien cool de pouvoir y aller. Là, c'est carrément un trajet en bateau qui nous attend, à la rencontre des communautés qui vivent le long du fleuve. Ça se programera peut-être bien mardi de la semaine prochaine, donc si on rentre vendredi soir très tard ou samedi matin, peut-être bien que je prolongerai encore un peu mon séjour à Cochabamba. Mais avec des si... ;)

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En attendant, mon petit séjour dans les bureaux de la fondation Sodis m'a permis d'uploader toutes les photos du voyage (jusqu'à présent) sur Flickr, et je vais donc pouvoir vous faire profiter de petits albums comme celui sur San Pedro... (quoique en sélectionnant mieux les photos...).

San Pedro de Buenavista : Les photos

novembre 20, 2011

En route pour San Pedro de Buenavista !

Ce coup-ci, les choses ont l'air de vraiment vouloir avancer un bon petit coup. J'ai reçu la confirmation d'Armando, et demain matin à l'aube (départ à 7h15 de l'autre bout de la ville, va falloir négocier serré avec Morphée) pour le charmant (?) petit village de San Pedro de Buenavista. J'ai cherché à savoir oú donc ce bled pouvait se trouver, et Google maps renseigne un "San Pedro" dans le coin, mais aucune mention de Buenavista... Quand il s'agit des coins un minimum reculés de la Bolivie, faut quand même pas trop compter dessus, mais ça aide.

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Pour faire bref, nous partons visiter le lieu, voir quel est l'état actuel du réseau de distribution d'eau, quel est l'état des routes qui connectent les différents villages de la région (San Pedro de Buenavista, c'est le chef lieu...) et au final, il s'agira de décider s'il est possible d'implémenter un projet dans ce coin-là. J'avoue avoir évidemment quelques appréhensions quant à mon rôle dans tout ça... J'espère ne pas trop être la cinquième roue du carosse. Mais vu l'impossibilité d'obtenir un programme détaillé de l'excursion, je décide d'y aller, et je verrai bien. L'idée est de rester avec eux la journée de dimanche (il y a déjà environ 6h de route jusque là apparemment) et une bonne partie de celle du lundi avant de les laisser vaquer à leurs occupations et de m'en aller voir pendant toute la journée de mardi le Parc Naturel de Toro Toro, qui est apparemment splendide.


Vous l'aurez compris, c'est un petit au revoir, parce que les probabilités de trouver des connexions internet dans ces régions reculées se rapprochent probablement de celles d'y trouver un Orval bien frais (vu la température qu'il fait ici : oui, bien frais !). Le retour est prévu mercredi dans la journée (enfin, dans la soirée pour l'immense majorité de mes chers lecteurs). Je pense que je serai un peu vanné, mais j'espère avoir tout de même le courage de vous poster une belle note avec plein de super photos dès mon retour, surtout que le lendemain (jeudi), si tout va bien, je devrais partir pour le Chaparé dès l'aube et que les Orvaux bien frais n'y pullulent pas non plus...


Je vous dis-donc à mercredi-jeudi... Je me fendrai d'une petite newsletter pour me rappeler à votre bon souvenir !


PS : Un grand merci à tout ceux qui me laissent de petits commentaires... ça me fait toujours super-plaisir. Je n'ai que trop peu le temps d'y répondre (poster tout ça provoque déjà d'assez longues - mais plaisantes - visites dans les cyber-cafés), mais je les lis toujours avec énormément de plaisir !

novembre 19, 2011

En Bolivia, todo es posible, pero nada es cierto...

Comme me l'indiquait un chauffeur de taxi il y a quelques jours, les choses changent sans arrêt par ici, et il est impossible de prévoir les chose très à l'avance... Hier, je devais avoir confirmation de mon départ pour le Chaparé avec Benito, le chauffeur-technicien de la fondation Sodis, mais finalement, Enric m'annonce que c'est annulé, mais qu'il y a d'autres possibilités qui se dessinent.

Hier, je suis donc passé au bureau de la fondation, et il apparaît qu'Armando, l'un des coordinateurs, devrait partir pour San Pedro de Buenavista (rien à voir avec le Chaparé...), qui est une superpe région aussi, et que je pourrais l'accompagner. À mon retour, je pourrais pratiquement directement repartir pour le Chaparé, oú Benito devrait finir par aller jeudi à la première heure. J'appelle donc Armando ce matin pour confirmer et voir avec lui oú on peut se retrouver pour partir, mais il me dit que son départ (demain à la première heure tout de même...) n'est pas encore confirmé. Je rappellerai vers 17h pour savoir quoi... mais je sens venir l'embrouille.


À la vérité, je commence à en avoir un peu marre de zoner à Cochabamba. Demain, ça fera pile une semaine que je suis arrivé ici, pour une journée "effective" de travail-visite avec Sodis. Heureusement, Enric est vraiment hyper-sympa ! J'ai été boire une petite bière (ma première goutte d'alcool depuis mes exagérations de pré-départ...) chez lui, et on a discuté du travail des ONG's en Bolivie, des l
uttes de pouvoir et d'influence entre elles, de l'éducation, de la tendance occidentale à s'auto-flageller,... et de plein d'autres choses encore, pendant presque 3h. Lui abandonne son travail auprès de Sodis à la fin du mois, et m'apporte un autre regard, et un témoignage de première main sur l'expatriation, le travail en ONG, l'idéalisme et du pragmatisme. Loin d'être complètement désabusé ou cynique, il est juste conscient de la réalité du terrain et de ce qu'elle signifie au jour le jour dans le travail des ONG's. Je n'ai pas encore vraiment bien digéré cette discussion et certains de ses arguments, qui nécessitent une réflexion un peu plus approfondie, mais nul doute que cela ressortira au fur et à mesure des péripéties du voyage.


Demain donc, si tout va bien, je partirai pour la province de San Pedro de Buenavista, qui se trouve grosso modo entre Cochabamba et Sucre, un peu au sud du parc National de Torotoro. L'idée est d'accompagner Armando dans la visite d'évaluation d'un réseau de distribution et dans l'évaluation de la faisabilité d'un projet Sodis dans cette région. Je ne pense pas rester tout le temps avec lui, mais plutôt m'échapper lundi en fin de journée pour aller faire un tour mardi dans le parc de Torotoro, avant de rentrer mercredi à Cochabamba. Mais bon, tout cela est évidemment sous réserve. Si ça ne se concrétise pas pour demain, ce sera le départ pour le Sud-Lipez, les grandes étendues désertiques et la nature Bolivienne qu'il me tarde de découvrir !


En attendant, je vais essayer d'aller vous faire une petite compile des meilleures réalisations des ateliers de Tuning Cochabambinos, qui ne manquent pas de créativité (ni de succès surtout...), et faire une petite sieste.


À Tutti dans le Trufi !

novembre 18, 2011

À la Féria de Sacabamba avec Sodis...


cochabamba,sacabamba,bolivia,feria,sodisHier soir, alors que je faisais des aller-retour entre mon lit et la salle de bains, s'est offerte a moi une vérité d'ordre cosmique : "rien ne sort du néant que petits prouts sans gravité". Fort de cette certitude, La voie royale vers une belle journée était toute tracée ! À 6h00 p... (bon, ça va, j'arrète) je sautais donc, ajun, dans ma douche avant de me diriger vers l'endroit de la ville oú l'on m'avait indiqué que partaient les "trufis" pour Cliza. Ni une ni deux, nous voici partis à 6 dans une Corolla Sedan - chauffeur compris, tout de même - pour une grosse demi-heure de quasi-autoroute. Après une attente de 4 minutes montre en main, j'étais installé dans gros bus peinturluré (un peu dans le style de celui que je vous ai montré l'autre jour). Là, j'ai eu droit à une petite heure de vrai, de pur, et d'abominable trajet "roots" bolivien. Une heure de tape-cul sur une route d'abord empierrée et pleine de vicieux caniveaux d'irrigation, puis de pavés disjoints agrémentés de sympathiques nids de lamas. Qu'importe, la journée s'annonçait splendide et intéressante.

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Sacabamba, c'est une petite bourgade d'environ 6000 âmes, perchée à 3050m d'altitude dans ce qu'on appelle le "Valle Alto" C'est une zone de grosses collines assez arides et relativement peu peuplées. Encore une fois, je dirais que c'est plus impressionnant par l'étendue que véritablement beau. Tout ça est vraiment fort sec, et puis il ne faut pas oublier que l'altitude ne tape pas que sur les abrutis qui pensent pouvoir passer de 0 à 3000 sans coup férir, mais aussi sur la végétation. Disons que ça manque un peu d'arbres à mon goût. Ceci dit, Il y avait de magnifique ciels à contempler, entre ombre et lumière, et rien que pour ça, je suis content d'y avoir éte. Question village, je prendrai un air très docte et vous dirai "c'est du typique bolivien". Comprenez : ça ressemble très fort au peu que j'ai vu jusqu'ici. De petites maisons de brique de plein pied construites dans la poussière et connectées par des chemins de terre. Bon, soit. C'est pas comme si j'étais venu admirer les merveilles architecturales du lieu.

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Ce qui m'amène ici, c'est la une sorte de méga Fancy-Fair, ou quelque chose dans ce genre-là. Lors de la "Feria Educativa", toutes les "unités éducatives se réunissent, présentent leurs projet de l'année, des maquettes, des affiches,... etc sur un thème particulier. Cette année : Le changement climatique (tiens tiens...). Tout cela est soutenu par diverses ONG's (qui ont l'air très présentes sur place) et débouche, en fin de journée, sur une grande remise des prix pour de nombreuses catégories comme "nettoyage de la maison", "Assainissement de l'eau". Dans le cadre de cette grand-messe éducative, la fondation Sodis, qui a un ""bureau"" à Sacabamba (je mets de gros guillemets car il s'agit de la petite chambre de Wilson, envahie d'affiches, de filtres de bouteilles et agrémentée d'un petit ordinateur), tient un stand d'information. C'est donc là que je passerai le plus clair de mon temps entre les groupes d'enfants venus gagner quelques menus cadeaux et les plus âgès, venus se renseigner sur le prix des filtres. Arrivé vers 9h, c'est directement parti pour le transbahutage de tout le matériel nécéssaire et le montage du stand juste à côté de l'église.

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La fondation n'est pas seule sur ce stand, mais malgré mes demandes répétées et mon écoute attentive des réponses, je n'ai toujours pas très bien compris qui fait quoi entre Sodis, l'ADRA, la "Mancomunidad de municipios de la cuenca del Caine" En tous cas, sur notre stand, on promeut majoritairement l'utilisation d'une eau propre dans la vie de tous les jours. Après le montage du stand, je discute avec les uns et les autres, puis au coin du stand, je trouve une petite fille toute mignonne, qui accepte que je la prenne en photo. L'occasion de tester mon imprimante qui, comme prévu, fait très forte... impression. J'avais pourtant fait ça dans un coin relativement discret du stand, mais en moins de temps qu'il faut pour le dire, j'avais autour de moi une grappe d'enfants en attente de se faire tirer le portrait. Évidemment, vu l'autonomie très limitée de l'engin, pas question d'ouvrir un stand, mais ça attire les gosses au stand, et ça c'est bien.

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Je deviens alors un peu plus "photographe officiel", et gagne l'insigne honneur de faire une affreuse photo de l'équipe en compagnie du maire. Il faut dire qu'un soleil pratiquement au zénith ne fait rien pour la qualité des portraits. Dans le stand proprement dit, on apprend comment faire un lave-main avec une boutieille de coca renversée, quels sont les moments clés auxquels ils faut se laver les mains, comment construire une toilette hygiénique et l'on montre le fonctionnement des filtres céramiques. Vers 15h30, il est temps de vite trouver un trufi vers Cliza, sous peine de me retrouver bloqué à Sacabamba. Et comme je n'y ai aucun endroit prévu pour dormir, ça la foutrait un peu mal. Je prends donc congé de mes hôtes du jour en les remerciant, demande pardon à mon arrière-train et lève les voiles.

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Ça, c'était pour le factuel... 

À Sacabamba, Sodis réalise vraiment un travail d'éducation à long terme. On met donc le paquet avant tout sur les enfants en leur répétant encore et encore les bonnes pratiques à observer. En posant des questions sur le réseau de distribution, Wilson m'explique qu'il y a un ou plusieurs points de captation, un réservoir et un réseau de distribution dans les maisons (ou juste en dehors), mais que rien de toute cela n'est protégé, et qu'aucun traitement de l'eau n'est réalisé en amont. Et ce pour la bonne et simple raison que la techologie nécessaire au traitement automatique n'est pas présente, et qu'il n'y a en général dans les communautés personne d'assez qualifié pour s'occuper du dosage et de la vérification des équipements pour tout le village. L'eau arrive donc en direct des points de captage, qui sont en plus souvent situés plus bas que les villages, ce qui augmente bien évidemment les facteurs de pollution.

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Il n'y a là bas aucun système d'égoutage, et tout est donc rejeté de-ci de-là. Pas franchement l'idéal en matière de santé publique. Le "choc des niveaux de vie", je l'ai cherché, je l'ai trouvé, et j'avoue être encore un peu mal à l'aise. Il est plus facile de faire le touriste et de fermer les yeux sur les conditions de vie des locaux en se focalisant sur la beauté des nuages et le caractère pitoresque des madames en chapeau, mais quand on les ouvre, on a parfois assez vite envie de les refermer, tant tout en nous crie "moi ça va bien, et vous ?". Mais bon, d'une autre côtém je pense avoir eu l'occasion de leur expliquer aujourd'hui le fond de ma démarche, qui est aussi de faire connaître autour de moi la situation qui est la leur et, indirectement peut-être leur venir en aide. Personnnellement en tous cas, je pense qu'un ordre permanent va très vite venir se rajouter à mon compte en banque...

novembre 16, 2011

En mode Tourista...

Bon, j'en parlais, j'en rigolais, je faisais le malin... et ce qui devait arriver arriva. J'ai passé la nuit entre le lit et les toilettes, et j'espère vraiment que je serai rétabli pour demain, histoire de recoller au programme et de ne pas foutre en l'air toute cette belle organisation. À 7h30, je suis allé me chercher un sac de feuille de Coca (sur les conseils d'Enric), mais ça n'a pas l'air de me faire un effet boeuf. Allez, je rentre dans ma caverne chercher de l'énergie et du repos.

L'eau, ça sort du robinet, non ?

Si vous avez lu le début de mon blog, vous savez que l'envie profonde qui se cache derrière ce voyage, c'est celle de rendre une véritable visite à la Bolivie. En tant que pays, mais en tant que nation (ou plutôt multi-nation). L'envie de rencontrer les populations locales, d'échanger autant que faire se peut avec elles, de leur donner autant que de leur emprunter une petite tranche de monde. Sachant aussi les conditions de pauvreté dans lesquelles se trouve une partie de la population bolivienne, je souhaitais aussi approcher le travail d'organisations qui travaillent à l'amélioration de ces conditions de vie. Aujourd´hui, une porte s'est ouverte toute grande sur la réalisation de ce projet. Parce que c'est pas tout de se dire "je vais aller voir les locaux". Encore faut-il pouvoir entrer en contact avec eux d'une manière naturelle et appropriée.

Comme annoncé dans les notes précédentes, je me suis donc rendu au siège de la fondation Sodis. Cette fondation a un but très simple en théorie, mais assez compliqué à mettre en pratique : faire en sorte que tous les boliviens puissent accéder à une eau propre. Par chez nous, il suffit d'ouvrir un robinet et de mettre sa tête en dessous pour avoir à boire. Si bien qu'on est même tout surpris quand une fontaine a le toupet d'indiquer "eau non potable". C'en est tellement facile qu'on (enfin, moi en tous cas) ne se rend pas du tout compte de ce que cela signifie de ne pas avoir accès à cette ressources. Il n'y a bel et bien que dans nos contrées que, partout, l'eau sort du robinet potable, comme par magie. Il s'en trouve encore pour ne boire que de l'eau en bouteille... mais ça, c'est un autre débat.

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La cuisine d'expérimentation des filtres...

Le slogan de Sodis, que j'adore, est le suivant : "Soluciones simples que salvan vidas". C'est ce qui m'a directement séduit dans leur approche. On ne parle pas d'importer des stations d'épuration high-tech ou de mettre en place d'énormes réseaux de distribution à même d'atteindre les populations les plus reculées de bolivie (et on ne parle pas d'amener de l'eau à Arville ou à Vlessart...). Non. Lídée est de tester, de développer et de promouvoir auprès des populations locales une série de techniques simples pour filtrer et assainir l'eau. On parle ici de filtres (céramiques, textiles, de sable,...), de production de chlore à la maison ou même de chauffage solaire de l'eau pendant des période suffisantes. Avant tout, toutes ces techniques et leur intérêt doivent être expliqués et démontrés pour avoir une chance d'être adoptés par les gens. Et c'est bien pour ça que Sodis ne se contente pas de distribuer des filtres à qui veut, sans se soucier de ce que les gens en feront. Si j'avais encore des doutes quant à l'impérative nécéssité de ce projet, ils ont été complètement dissipé par cette image furtive captée durant le trajet en bus vers Cochabamba : Un type était agenouillé au bord de la route, une bouteille en plastique à la main et était en train de récupérer de l'eau dans un petit pipi de flotte entouré de déchets. Là, on se dit que non, l'eau, ça ne sort pas du robinet.

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Le prototype de dispositif de purification par chauffage solaire

Demain donc, j'irai à Quillacollo (à une quinzaine de kilomètres à peine de Cochabamba) sur le terrain avec Remi, qui, comme son nom ne l'indique pas, est un bolivien pure souche... Nous irons voir les personnes qui ont bénéficié de l'aide de Sodis dans le but d'évaluer le projet, et de voir si leurs besoins ont été rencontrés.

Jeudi, j'ai rendez-vous avec Wilson Claros à 8h30 du matin à Sacabamba (à 2h de trufi de Cochabamba... va falloir se lever tôt !) ou se développe un projet qui s'inscrit dans une plus grande durée. Le projet de Quillacollo, lui, relevait d'une situation d'urgence.

Vendredi, je serai fixé sur les possibilités d'aller voir un autre projet d'urgence mené par la fondation dans la partie tropicale du département de Cochabamba, à plus ou moins 200km de la ville, vers Santa Cruz de la Sierra. J'espère vraiment que ce sera possible !

novembre 15, 2011

Coups de soleil à Cochabamba

cochabambaJ'avais donc rendez-vous à 10h à la fondation Sodis, mais Enric, mon contact sur place, m'ayant envoyé un sms à 8h30 pour me dire que tout le quartier était sans électricité, je décide de remettre ma visite au début d'après-midi. Quoiqu'il advienne, j'irai, parce que j'avoue qu'il me tarde de les rencontrer. Passé le premier "choc", Cochabamba reste une grande ville, et ceux qui me connaissent savent que ce n'est pas trop mon truc. Heureusement, on s'y sent assez à l'aise. Il y a très peu de touristes, mais on n'y est jamais accosté, à moins de passer tout près d'un étal.

Ce qui frappe vraiment dans cette ville, c'est le caractère vivant des rues. En Europe, AFSCA, IPP, TVA et autres acronymes barbares ont pratiquement réussi à exterminer totalement le commerce de rue. Il reste bien quelques friteries et autres marchés organisés, mais rien de plus. Ici, avec tous les inconvénients et tous les dangers que cela suppose, on mange dans la rue, on achète dans la rue et, finalement, on VIT dans la rue.

J'ai l'impression que c'est un peu comme si tous les rayons de nos supermarchés avaient été déversés sur les trottoirs. Si bien que jusqu'ici, je ne pense pas être déjà passé devant un réel "magasin d'alimentation" proposant toute une variété de produits. Peut-ètre manger en rue est-il si normal et si bon marché que les gens ne ressentent pas le besoin comme chez nous de faire un maximum de provisions pour ne plus avoir à sortir de chez eux.

Il est sans doute un peu naïf de regretter ce vide dans nos rues, car les conditions de vie et de travail de ces commerçants ne me paraissent pas franchement enviables, et l'impossibilité ou la grande difficulté pour l'état de collecter l'impôt sur cet immense pan de l'économie engendre évidemment un gros manque à gagner, susceptible d'affaiblir considérablement l'état. Mais reste que cette convivialité et cette ville animée sans être oppressante rendent nos rues vraiment très tristes en comparaison.

 

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J'avais pas de vendeur de rue en stock, alors je vous ai mis un bus...

J'écris ces lignes (enfin, l'original en pattes de mouches sur mon calepin) assis sur un banc au sommet de la colline sur laquelle trône le "Cristo de la Concordia", immense statue de Jésus en béton dominant la ville qui l'encercle. C'est un moment de quiétude au grand air, et il me tarde de découvrir la nature bolivienne et ses richesses, loin  des villes.

Là dessus, il est temps pour moi de redescendre, de trouver un taxi pour Tiquipaya et le quartier général de la fondation Sodis. Comme je n'ai pas trouvé le temps de poster la suite avant de l'écrire (vous me suivez ?), la voici. En descendant des jupes de Jésus-Christ (à défaut de sortir de la cuisse de Jupiter... on fait avec ce qu'on a...), je prends un taxi, pensant me rendre dans un autre quartier de la ville... Mais Tiquipaya, c´est en fait un village en dehors. Le trajet me coûtera la somme exorbitante de 3€ (le mec demandait 25 Bolivianos, mais comme on a pas mal tournicoté pour trouver, je lui en ai donné 30 sans sourciller... trop content d'être arrivé à bon port).

 

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Il a pas l'air tout auréolé du souffle divin ce tas de béton ?

Je suis tellement bien arrivé que je suis une heure trop tôt, et qu'ils sont partis manger. C'est alors l'occasion de faire connaissance avec mon premier chien bolivien, super sympa comme... pas promis ! Il vient déposer une pierre à mes pieds avec la manifeste envie de jouer. C'est une affreuse bestiole avec une tronche de monstre des abysses, mais au moins il est gentil. J'apprendrai un peu plus tard qu'il s'appelle Apollo et que de toutes façons derrières ses babines pendoullantes ne se cachent plus que deux ou trois dents. Heureusement d'ailleurs, car un peu plus tard encore, il s'en prendra (gentiment) à mon mollet en pleine discussion avec Enric, peu content de me voir négliger mon devoir de lui jeter la pierre. Le reste, ce sera pour un peu plus tard... mais ce ne sont que de bonnes nouvelles !

 

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Appolo l'affreux !